Extraction du calcaire: Une mine d’opportunités à valoriser

Actuellement, la production locale de calcaire reste limitée et principalement artisanale ou semi-industrielle, ne couvrant qu’une infime partie des besoins nationaux.

Au Cameroun, la production de calcaire traverse une phase de transition majeure en 2026. Même si le pays est devenu un « hub cimentier » avec une capacité de production de 12 millions de tonnes par an, il reste paradoxalement dépendant des importations pour sa principale matière première le calcaire de haute pureté et le clinker. En effet, la production actuelle de calcaire est essentiellement concentrée dans le bassin de Figuil dans la Région du Nord. Produire le clinker à partir du calcaire de Figuil coûte environ 50% moins cher que l’importation. Cependant, cette économie est actuellement limitée à la consommation des régions septentrionales à cause du coût élevé du transport vers le Sud créant ainsi un gap logistique Nord-Sud.

Le gouvernement a imposé en janvier 2026, une taxe à l’exportation de 10% sur le marbre et le clinker pour décourager la sortie de ces matières premières brutes et favoriser leur transformation locale en ciment.  La stratégie gouvernementale actuelle repose sur deux piliers avec d’un côté, l’augmentation de la taxe à l’exportation d’après la loi de finances 2026, pour sécuriser le calcaire et le marbre pour les cimentiers locaux. D’autre part, il y a l’utilisation des substituts qui amènent Cimencam et les autres acteurs du secteur à utiliser désormais de la poudre de marbre afin de remplacer une partie de clinker importé, ce qui réduit alors les coûts de production de 5% à 8%

Le gouvernement camerounais, via la Société Nationale des Mines (Sonamines), a intensifié la mise en valeur des gisements locaux pour approvisionner les cimenteries nationales. Nous avons par exemple le gisement de Sikom dans le Littoral qui est l’un des projets le plus actif, avec des réserves estimées à plus de 20 millions de tonnes de calcaire/an.  En fin 2025 et début 2026, la Sonamines a perfectionné des cabinets pour des études géophysiques de précision afin de sécuriser l’exploitation industrielle de ce site. A côté de ce dernier, il y a plus au Sud le Gisement de Mintom qui présente des réserves en calcaire estimées à plus de 540 millions de m3, ce projet est placé comme prioritaire à moyen et long terme et des études sont en cours pour transformer ce calcaire en chaux agricole et industrielle. Quant au site de Wapouzé dans le Nord, c’est l’entreprise Oriole Resources qui a obtenu une extension de permis d’exploration pour ce gisement situé près de Garoua et dont le potentiel est crucial pour les unités industrielles du septentrion.

Pour consolider sa souveraineté économique, l’objectif du Cameroun est de substituer le clinker importé par du calcaire local. Toutefois, une grande partie de la valeur ajoutée de ce produit échappe encore au pays, mais avec les projets de Sikom et Mintom, le gouvernement vise à inverser cette tendance. Le développement du secteur minier en 2026 est soutenu par l’amélioration des corridors logistiques à l’instar du port de Kribi et du réseau ferré pour faciliter les échanges.  Toutefois, le secteur minier global incluant le calcaire devrait générer plus de 38 000 emplois directs et indirects horizon 2026 selon les projections du ministère des mines et du développement technologique.  Bien que cette dynamique soit porteuse, pour la baisse des coûts à long terme, l’année 2026 présente des contrastes immédiats sur le marché. Si l’offre de ciment explose grâce aux nouvelles usines, le prix ne baisse pas encore de manière significative en 2026 à cause de la fiscalité des coûts énergétiques. Cependant, la transition vers un ciment 100% camerounais est techniquement en marche.

Par Arnaud Joseph Etoundi 

 

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