Exportations : Plus de 215 milliards FCFA enregistrés en six mois
Portées par le cacao et certains produits agricoles, les exportations camerounaises ont progressé au premier semestre 2025, malgré une forte dépendance énergétique et un contexte économique sous tension.
Selon la note de conjoncture économique publiée à mi-janvier 2026 par le ministère des Finances (Minfi), les exportations du Cameroun ont enregistré une hausse de 215,2 milliards de FCFA au cours du premier semestre 2025. Elles atteignent ainsi 1 705,4 milliards de FCFA, confirmant une dynamique positive dans un environnement économique pourtant marqué par de fortes contraintes structurelles.
Cette progression intervient alors que l’économie nationale a dû composer, sur la même période, avec une baisse de la production d’électricité, un recours à un emprunt exceptionnel de 930 milliards de FCFA pour soutenir l’activité et apurer certaines dettes, ainsi qu’un niveau élevé d’importations de carburants et lubrifiants, chiffré à 333,7 milliards de FCFA. À cela s’ajoute la préparation du budget 2026, arrêté à 8 816,4 milliards de FCFA, dans un contexte de fortes attentes en matière de mobilisation des ressources.
Dans le détail, la performance des exportations est largement tirée par le cacao brut en fèves, dont les ventes ont généré 334,4 milliards de FCFA de recettes supplémentaires par rapport à 2024. Cette seule filière représente désormais 12 % des exportations totales du pays. Une évolution que le Minfi attribue à la fois à la hausse des volumes et à un contexte international favorable sur les cours.
Les hydrocarbures demeurent néanmoins le premier poste à l’exportation. Les huiles brutes de pétrole, qui concentrent 25,7 % des ventes à l’étranger, enregistrent paradoxalement une baisse de 61,2 milliards de FCFA sur la période. Le gaz naturel liquéfié, avec 11,9 % des exportations, conserve quant à lui une place stratégique dans la balance commerciale. En parallèle, les bois sciés affichent une progression de 9,5 milliards de FCFA, traduisant une montée en puissance progressive de produits à plus forte valeur ajoutée.
Repli global des prix de 4,0 % au deuxième trimestre 2025
Les produits agricoles de rente complètent cette dynamique. Les exportations de bananes progressent, tandis que le café présente une évolution plus contrastée. Si l’arabica recule légèrement en volume (-1,2 %) et le robusta davantage (-10,7 %), les cours mondiaux soutiennent les recettes : «sur un an, le prix de l’arabica progresse de 60,4 % et celui du robusta de 16,3 %», détaille la note. De l’avis d’expert, ce sont autant d’éléments qui confirment une diversification progressive, bien que encore fragile, du portefeuille exportateur camerounais.
En miroir de cette embellie, la facture énergétique reste lourde. Entre janvier et juin 2025, le Cameroun a importé 899 millions de tonnes de carburants et lubrifiants pour un montant de 333,7 milliards de FCFA, soit une hausse de 11,7 % en volume. Comparée à la même période un an plus tôt, cette évolution s’accompagne toutefois d’une baisse de 26,3 % en valeur, équivalente à 119 milliards de FCFA, en lien avec la détente relative des prix internationaux. «Le pays demeure entièrement dépendant des importations depuis l’incendie de la Sonara, même si les exportations de carburants et lubrifiants, principalement vers la sous-région, atteignent 14 milliards de FCFA sur le semestre».
Autre signal jugé encourageant par le Minfi : la baisse des importations de riz, en recul de 14,2 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette tendance est attribuée aux premiers effets du Plan intégré d’import-substitution agro-pastorale et halieutique (Piisah), qui ambitionne de tripler, à moyen terme, la production nationale de riz.
Sur les marchés agricoles, la note de conjoncture relève enfin un repli global des prix de 4,0 % au deuxième trimestre 2025, après une hausse de 9,7 % au premier trimestre. « Cette situation s’explique par la baisse des cours des principaux produits agricoles exportés, à l’exception du coton brut », précise le Minfi, ajoutant qu’en glissement annuel, l’indice affiche une baisse de 1,9 %.
Diane Kenfack

