Exécution du budget: Le MINFI déplore la faible mobilisation des ressources

À l’occasion du séminaire de lancement des activités de préparation du budget 2026 tenu ce 22 juillet à Yaoundé, le ministre des Finances a souligné l’insuffisante mobilisation desdites recettes, avec un taux de seulement 82,1 %, mettant en lumière les défis économiques et environnementaux à surmonter.

Le constat est alarmant : l’exécution du budget au titre du premier trimestre 2025 montre une insuffisante mobilisation des ressources budgétaires de l’état. Avec un taux de mobilisation des ressources budgétaires de seulement 82,1 % par rapport aux 1 834,6 milliards de francs CFA attendus, le pays a enregistré une baisse de 55 milliards par rapport au montant recouvré durant la même période en 2023. D’après le ministre des Finances, cette situation est principalement attribuée à une faible mobilisation des recettes internes et à une forte diminution des ressources extérieures.

Par ailleurs constate le MINFI, en dépit de la relative embellie observée cette année avec un montant mobilisé de 113,2 milliards de francs CFA en émissions de titres publics, dépassant les 95 milliards attendus, cette performance n’a pas suffi à amortir le choc d’une faible performance financière. La mobilisation des recettes intérieures, en particulier, est en déclin, exacerbée par la chute des recettes pétrolières. Les efforts déployés pour accroître les recettes non pétrolières tardent à produire des résultats significatifs, laissant l’État dans une situation budgétaire précaire.

Les dépenses budgétaires, quant à elles, demeurent sous de fortes contraintes. Bien que la subvention des prix des produits pétroliers ait diminué, l’État doit faire face à des obligations financières croissantes, notamment en matière de veille sécuritaire, d’organisation des élections, de consommations publiques, de frais administratifs et d’un volume important de dette extérieure. Ces contraintes ont conduit à une aggravation du déficit budgétaire global, qui a atteint 1,5 % en 2024, contre 0,6 % en 2023, très loin du taux de 0,4 % requis par la loi de finances initiale. Ce solde a également été révisé à la hausse pour 2025, passant de 0,3 % à 0,9 % du PIB, selon les projections du dernier collectif budgétaire récemment signé par le chef de l’État.

Sur le plan économique, bien que des signes de dynamisme soient observés, avec des prévisions de croissance du PIB à 3,9 % cette année contre 3,5 % en 2024, la volatilité de l’environnement économique mondial depuis 2021 ne laisse pas entrevoir une mobilisation soutenue de nouvelles ressources budgétaires. Les taux de croissance, bien qu’encourageants, sont menacés par des conditions financières restrictives, des tensions commerciales croissantes et une multiplication des conflits à travers le monde.

À l’intérieur du pays, la chute drastique des appuis budgétaires, la baisse des revenus relatifs et la faible productivité des entreprises, combinées aux difficultés de trésorerie, ne laissent guère présager une marge suffisante pour capter des ressources additionnelles en 2026. De plus, les effets des changements climatiques représentent un risque majeur pour les recettes et les dépenses. Ces changements impactent négativement les conditions naturelles de production, portent atteinte à la santé des individus et entraînent une augmentation des catastrophes naturelles.

Le ministre Louis Paul Motaze a souligné que ces défis appellent une intervention vigoureuse des pouvoirs publics. Il est impératif que, parallèlement aux actions traditionnelles, l’État prenne en compte la nécessité de préserver l’environnement, de protéger la nature et de sauvegarder la biodiversité dans la programmation des opérations budgétaires.

Par Julien Efila

 

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