Environnement: Quand le gaspillage alimentaire nuit à la planète
Célébrée le 30 mars de chaque année, l’édition 2026 de la journée mondiale du zéro déchet s’est focalisée sur le gaspillage alimentaire qui est un facteur majeur des changements climatiques, puisque 10% de toutes les émissions de gaz à effets de serres proviennent de la nourriture gaspillée et en décomposition.
Au Cameroun, la question de gaspillage alimentaire est un enjeu majeur, marqué par un contraste saisissant entre pertes massives au niveau de la production et les besoins de la population. Cependant, le gaspillage alimentaire au niveau des ménages est d’environ 89 kilogrammes de nourriture jetée par personnes et par an dans un foyer camerounais, ce qui représente un total national d’environ 2 487 472 tonnes de nourriture gaspillées chaque année au niveau des consommateurs à en croire le rapport 2024 sur l’indice de gaspillage alimentaire du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Bien que ce chiffre soit élevé, il inclut des parties non comestibles de nos aliments tels que les épluchures, les os etc. à noter que dans des grandes métropoles urbaines comme Yaoundé et Douala, ce gaspillage est souvent lié aux habitudes d’achats et aux difficultés de conservation.
Faire des courses de manières réfléchie permettrait à chaque ménage de réduire son gaspillage alimentaire et de soutenir la planète, si l’on se base sur les données du Programme des Nations Unies pour l’Environnement qui estiment que plus d’1 milliards de tonnes de nourriture finissent chaque année dans des décharges. Non seulement cela représente un gaspillage considérable des ressources nécessaires à la production, à la transformation et au transport des aliments, mais cela signifie aussi que, chaque jour les consommateurs jettent l’équivalent de 1, 3 repas pour chaque personne souffrant de la faim dans le monde. Célébrée le 30 mars de chaque année, l’édition 2026 de la journée mondiale du zéro déchet s’est focalisée sur le gaspillage alimentaire qui est un facteur majeur des changements climatiques, puisque 10% de toutes les émissions de gaz à effets de serres proviennent de la nourriture gaspillée et en décomposition sur notre planète.
Les pertes post récoltes
L’un des plus gros problèmes du système alimentaire camerounais se situe sur les pertes survenues entre les champs et le marché. Toutefois, environ 14,5% de l’offre alimentaire totale du pays disparaît avant même d’arriver dans l’assiette du consommateur selon les données 2025 du PNUE. Parmi les aliments en proie à la perte, l’on note les fruits et les légumes d’où les pertes vont de 40% à 50%, notamment pour le cas des tomates, des pastèques, des ananas, et autres produits périssables à cause du manque de chambre froides et du mauvais état des routes. Pour ce qui est des tubercules à l’instar du Macabo, patate douces, manioc, ignames etc., l’on estime que 30% à 40% de la production est perdu lors du stockage et du transport. Quant aux céréales dans les régions septentrionales du pays, l’on estime à plus de 500 000 tonnes de résidus et de surplus qui ne sont pas valorisés chaque année.
Environ 60% de tout le gaspillage alimentaire provient des ménages selon le PNUE, soit plus d’un milliard de repas gaspillés chaque jour. Cela commence souvent par les choix que nous faisons avec notre portefeuille, comme par exemple acheter des aliments que nous n’aurons jamais le temps de consommer, ou alors céder aux achats impulsifs, encouragés par les stratégies marketings et les promotions. Certains déchets comme les coquilles d’œufs, les écorces de pastèque ou les pelures d’ognons sont inévitables. Mais lorsque les déchets alimentaires finissent enfouis dans des décharges, ils se décomposent sans oxygène et produisent ainsi du méthane connu comme étant un puissant gaz à effet de serre. À cet effet, le PNUE, œuvre à la prévention du gaspillage alimentaire et à la réduction des émissions de méthane en adaptant et en déployant des solutions éprouvées, tout en favorisant la collaboration sur ce sujet. L’initiative « Food Waste Breakthrough » lancé par le PNUE et ses partenaires lors de la COP30 à Belém au Brésil, vise à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2030 et à diminuer les émissions de méthane jusqu’à 7% dans le cadre des efforts pour ralentir les changements climatiques.
Par Arnaud Joseph Etoundi

