Enfants en danger: L’alerte qui vient du Cameroun

Entre conflits, exploitation et risques numériques, les enfants africains restent vulnérables. Au Lesotho, Du 17 au 25 avril 2026, les États et institutions promettent de renforcer leur action.

Au Cameroun, la situation des droits de l’enfant continue de susciter de vives inquiétudes. La Commission des droits de l’homme du Cameroun (Cdhc) alerte sur une recrudescence de violences sexuelles, des cas d’infanticide et des dangers grandissants liés à l’usage non encadré des outils numériques. À cela s’ajoutent des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement, surtout dans les zones rurales et vulnérables. Selon les données récentes relayées par la Cdhc, six cas d’infanticide ont déjà été enregistrés depuis le début de l’année 2026. Une réalité qui choque et relance le débat sur l’efficacité des mécanismes de protection. « La recrudescence des violences à l’encontre des enfants est consternante », souligne la Commission, appelant à des actions urgentes et coordonnées.

Dans les écoles comme dans les familles, les enfants restent également exposés à un autre danger silencieux : le numérique. Sans encadrement suffisant, l’accès aux réseaux sociaux et aux contenus en ligne les expose à des abus, à l’exploitation et à des usages inappropriés de leurs données personnelles. En parallèle, les inégalités d’accès aux services essentiels demeurent marquées. Entre zones urbaines et rurales, les écarts persistent, notamment sur l’accès à une alimentation équilibrée, à l’éducation de qualité et aux infrastructures sanitaires de base.

C’est dans ce contexte que la voix du Cameroun s’est également fait entendre sur la scène continentale. À Maseru, au Lesotho, la 47e session du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (Coaedbee), ouverte du 17 au 25 avril 2026, a réuni les principaux acteurs africains engagés pour la protection de l’enfance. À cette occasion, un accord-cadre a été signé entre le Coaedbee et le Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (Rinadh), dirigé par le Pr James Mouangue Kobila, également président de la Cdhc.

Plus de huit millions d’enfants privés d’école au Soudan

Ce partenariat vise à renforcer la protection des enfants à travers trois axes majeurs : intégrer les droits de l’enfant dans les politiques des institutions nationales, favoriser la participation des enfants aux décisions qui les concernent et améliorer les mécanismes de suivi et de redevabilité. « Cet accord ouvre des perspectives concrètes pour faire progresser la protection et la promotion des droits de chaque enfant africain », a déclaré le Pr James Mouangue Kobila lors de la cérémonie d’ouverture. Mais au-delà des engagements institutionnels, les réalités restent lourdes. À travers le continent, des centaines de millions d’enfants vivent dans des zones touchées par des conflits armés.

Au Soudan, plus de huit millions d’enfants sont aujourd’hui privés d’école en raison des hostilités. Une situation qui compromet durablement leur avenir. « Ces enfants devront, demain, trouver leur chemin dans la nuit du non-savoir », rappelle une voix relayée dans les discussions de la session, soulignant la gravité des ruptures scolaires. Les défis ne s’arrêtent pas là. Les routes migratoires exposent également les enfants à des violences, à la traite et à l’exploitation. « Dans certains cas, leur détention administrative, liée à leur statut ou à celui de leurs parents, se fait dans des conditions jugées inadaptées à leur âge ».

Face à cette accumulation de risques, les participants à la session de Maseru ont insisté sur la nécessité de réponses coordonnées et concrètes. Il s’agit notamment de garantir l’enregistrement des naissances, de renforcer l’accès à une alimentation complète et équilibrée, et d’assurer une éducation de qualité pour tous.  Au Cameroun, la Cdhc rappelle aussi ses propres actions récentes : campagnes de sensibilisation dans les écoles, mobilisation contre les violences faites aux jeunes filles, et initiatives de prévention contre les drogues et les abus. Cependant, malgré ces efforts, le constat reste le même : la protection de l’enfance demeure fragile. Entre engagements internationaux et réalités locales, le chemin vers une sécurité effective pour chaque enfant reste encore long.

H.T

 

 

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