Emprunts: Le Minfi autorisé à lever 930 milliards Fcfa

Par décret signé le 18 août 2025, le Président de la République habilite le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, à recourir aux emprunts sur le marché des capitaux intérieur et extérieur, pour le financement des projets de développement et au paiement de factures en attente de règlement au Trésor public depuis plusieurs mois.

Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, vient d’être habileté par décret du Président de la République signé le 18 août 2025, à recourir aux emprunts sur le marché financier intérieur et extérieur, à l’effet de lever 930 milliards Fcfa. Cette enveloppe est destinée au financement des projets de développement du pays et à l’apurement des factures en instance de paiement au Trésor public depuis plus au moins trois mois, autrement connus sous la dénomination de Restes-à-payer (RAP).

Le Décret du chef de l’Etat précise que les 930 milliards seront mobilisés à travers trois principaux canaux ventilés ainsi qu’il suit : 350 milliards Fcfa à travers l’émission d’Obligations du Trésor sur le marché intérieur, Soit par émission d’obligations du Trésor à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), basée à Douala, soit par émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA) sur le marché des titres publics de la BEAC, l’institut d’émission des six pays de la Cemac , soit sur les deux marchés à la fois.

Selon le décret, une enveloppe de 250 milliards de Fcfa sera levée par prêts directs d’organismes privés intérieurs locaux, tandis qu’un emprunt de 330 milliards de Fcfa sera contracté sur les marchés bancaires extérieurs.  Au total, sur le marché financier intérieur, 600 milliards Fcfa seront mobilisés par émissions de titres publics, tandis que 330 milliards Fcfa sont attendus des marchés financiers extérieurs. Cette décision de recourir aux emprunts découle de l’ordonnance modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de finances du 23 décembre 2024, signée par le Chef de l’État le 11 juillet 2025. Un ajustement jugé nécessaire au regard du contexte économique actuel. 

Plus de 14 000 milliards Fcfa

A noter, la mobilisation effective des 330 milliards de Fcfa portera à 530 milliards de Fcfa le volume de financements mobilisés par le gouvernement depuis le début de l’année 2025, dans le but d’apurer les restes à payer. L’on se rappelle qu’au mois de mai 2025, le chef de l’Etat avait signé un décret habilitant le ministre des Finances à recourir au marché international des capitaux pour mobiliser 200 milliards destinés au financement des « opérations de trésorerie de l’exercice 2025 ».

Si l’on s’en tient aux statistiques récemment rendues public par la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), organisme de gestion de la dette de l’Etat, les 930 milliards Fcfa que le gouvernement se prépare à lever sur le marché national et international des capitaux viendront alourdir la dette publique.  La Caisse Autonome relève que l’encours des emprunts de l’Etat s’élève à 14 105 milliards de Fcfa au 30 juin 2025, correspondant à une augmentation de 1,8% sur un an.

Une évolution qui, souligne la CAA, est le reflet d’une « gestion globalement prudente de l’endettement public, en cohérence avec les orientations de la stratégie d’endettement à moyen terme 2025-2027, laquelle fixe le plafond de soutenabilité à hauteur de 50% du PIB, contre 70% du PIB fixé au niveau de la convergence sous régionale ».

En rappel, la Caisse Autonome d’Amortissement estime l’encours des Restes à payer à 485,4 milliards Fcfa à fin juin 2025, un montant qui préoccupe aussi bien le gouvernement que le Fonds monétaire international (FMI). Le problème ? Ces Restes à payer pénalisent les entreprises offrant des prestations à l’Etat. Dans ses efforts destinés à apurer cette dette, le FMI encourage d’ailleurs le gouvernement à mobiliser des fonds sur le marché des capitaux.

Evariste Menounga

 

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