Électricité: Le Cameroun veut porter sa capacité installée à 3 000 MW d’ici 2030
Grâce à son « compact énergétique » présenté le 27 septembre dernier à New York, en marge de la 80ᵉ assemblée générale des Nations unies, le pays entend par ce fait électrifier 8 millions supplémentaire de personnes d’ici cinq ans.
Et si, dans cinq ans, chaque foyer camerounais, du village le plus reculé aux quartiers urbains en pleine croissance, avait accès à une électricité fiable, propre et abordable ? C’est ce pari ambitieux que fait le Cameroun avec le lancement de son Compact énergétique, présenté officiellement le 24 septembre 2025 à New York, en marge de la 80ᵉ assemblée générale des Nations unies.
Présenté par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en présence du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le Compact énergétique est un document stratégique qui ambitionne de connecter huit millions de Camerounais supplémentaires à l’électricité d’ici 2030.
Soutenu par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et Bloomberg Philanthropies, ce projet structurant prévoit également d’améliorer la distribution, de sécuriser le transport de l’électricité sur l’ensemble du territoire, et de garantir l’accès à des solutions de cuisson propre pour 40 % des ménages. Autant de mesures qui s’inscrivent dans la double logique de développement humain et de transition énergétique durable.
Claire et réaliste, il repose sur des projets concrets, déjà identifiés, ainsi que sur des réformes structurelles du secteur énergétique. Sa validation officielle permet désormais au Cameroun de solliciter les financements nécessaires auprès des bailleurs et de lancer la mise en œuvre immédiate des premières actions. Ce projet d’envergure est
Parallèlement à cette extension de la couverture électrique, le Compact prévoit de porter la capacité installée du pays à 3 000 mégawatts (MW), contre environ 1 650 MW actuellement. Cet accroissement vise à répondre à la demande croissante en énergie, tant des ménages que des industries, tout en renforçant la fiabilité et la stabilité du réseau électrique national.
Le Compact énergétique n’est pas seulement un plan de développement interne. Il s’inscrit aussi dans un agenda international, celui de la transition énergétique et des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 7 relatif à l’énergie propre et abordable. À travers ce programme, le Cameroun renforce la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique, actuellement dominé par l’hydroélectricité, mais appelé à intégrer davantage de solaire et d’éolien dans les prochaines années.
La validation officielle du document à New York marque l’aboutissement d’un long processus technique et diplomatique, impliquant de nombreux partenaires nationaux et internationaux. Il ouvre désormais la voie à des recherches concrètes de financement et à la mise en œuvre rapide de projets structurants, en ligne avec les priorités du Plan national de développement (PND) et la Vision 2035.
Grâce à cette feuille de route, le pays entend alors s’affirmer comme un pôle énergétique en Afrique centrale, capable non seulement de répondre à ses besoins internes, mais aussi d’exporter son excédent d’électricité vers les pays voisins. Une ambition qui repose sur une gouvernance renforcée du secteur, une implication accrue des partenaires privés et une volonté politique affichée.
D’ici cinq ans, l’électricité ne devra plus être un luxe pour les Camerounais.
Par Julien Efila

