Economie urbaine: Douala mise sur le BRT
Le 22 juin 2026, la Communauté urbaine de Douala a présenté aux populations du canton Bassa les contours du futur Bus Rapid Transit. Derrière ce projet de transport se dessine une vaste transformation économique de la capitale économique.
Le futur Bus Rapid Transit (BRT) de Douala ne transportera pas seulement des passagers. Il ambitionne aussi de faire circuler plus rapidement les activités économiques dans une ville où les embouteillages coûtent chaque jour du temps, de l’argent et des opportunités. Réunis le 22 juin 2026 à la chefferie supérieure du canton Bassa, responsables municipaux, autorités traditionnelles et populations ont découvert les contours d’un projet qui promet de redessiner durablement les déplacements dans la métropole économique.
Cette rencontre d’information, présidée par Christine Ateba, conseillère technique à la Communauté urbaine de Douala (CUD), s’inscrit dans une série de consultations destinées à préparer l’arrivée du réseau de transport rapide. L’objectif est de partager les informations avec les habitants des zones concernées avant le démarrage des travaux prévu pour la fin de l’année. Au cœur du projet figurent deux grands axes de circulation reliant notamment la place du Ngondo au PK14 et desservant également le secteur de Yassa. À terme, le réseau comptera quatre lignes totalisant 28 kilomètres et 48 stations. Cinq grands pôles d’échanges seront aménagés à l’ancienne direction des Douanes, à Ndokoti, Nelson Mandela, PK14 et Yassa.
Mais pour les autorités municipales, l’enjeu va bien au-delà de la simple mise en circulation de bus modernes. Le BRT est présenté comme un outil capable de fluidifier les déplacements des travailleurs, de rapprocher les quartiers périphériques des centres d’activités et d’améliorer la productivité globale de la ville. Pour atteindre cet objectif, le Projet de mobilité urbaine de Douala (PMUD) prévoit également la réhabilitation de 80 kilomètres de voiries urbaines ainsi que l’aménagement de nombreuses voies de raccordement destinées à acheminer les usagers vers les stations du BRT. Des espaces de stationnement pour mototaxis sont également programmés au carrefour Bassong et à Nyalla « Château », tandis que trois pôles d’échanges multimodaux verront le jour à Ndokoti, Nelson Mandela et PK14.
L’investissement est à la hauteur des ambitions. Le coût global du projet est estimé à 335,3 milliards de FCFA. La Banque mondiale assurera l’essentiel du financement avec 261 milliards de FCFA. De son côté, la ville de Douala mobilisera plus de 12 milliards de FCFA, tandis qu’un partenariat public-privé devrait contribuer à hauteur de 62,1 milliards de FCFA, a-t-on appris. L’une des particularités du projet réside justement dans la place accordée au secteur privé. L’acquisition et l’exploitation de la flotte de bus devraient être confiées à des opérateurs privés à travers un partenariat estimé à près de 58 milliards de FCFA. Cette formule vise à garantir une gestion durable du futur réseau tout en attirant des investisseurs capables d’assurer la qualité du service sur le long terme.
« L’acquisition des bus et l’exploitation du BRT seront confiées à des opérateurs privés », a expliqué Lydienne Ekalle, responsable des infrastructures et du développement urbain au sein de la cellule de coordination du PMUD. Pour rassurer ces futurs exploitants, la ville prévoit la construction de nouvelles voies conçues pour durer au moins vingt ans. Parallèlement, les autorités cherchent à maintenir le dialogue avec les populations. Les inquiétudes liées aux expropriations ont occupé une place importante lors des échanges avec les habitants du canton Bassa. Une commission de constat et d’évaluation doit être déployée dès juillet afin d’identifier les personnes affectées et de préparer les compensations annoncées par la municipalité.
La coordination du projet mise également sur la médiation de l’association Ridev. « Ridev se veut le relais de l’information (…) pour faciliter les échanges », a souligné Prisca Lablonde Tene Mbimi, coordinatrice du PMUD. Après l’étape du canton Bassa, les consultations se poursuivront dans les cantons Akwa et Bakoko.
Par H. T.

