Économie numérique: Le Cameroun place la sécurité des enfants au cœur de sa stratégie
Réunis le 18 juin 2026 à Yaoundé, pouvoirs publics, plateformes numériques et acteurs de la société civile ont engagé une réflexion commune sur la protection des enfants en ligne, devenue un enjeu majeur pour l’avenir du numérique au Cameroun.
La protection des enfants sur Internet n’est plus seulement une question de sécurité ou d’éducation. Au Cameroun, elle s’impose désormais comme un enjeu économique à part entière. C’est le message porté le 18 juin 2026 à Yaoundé lors d’une journée d’échanges organisée par le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), en partenariat avec Meta, maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram. Réunissant administrations publiques, opérateurs de télécommunications, organisations de la société civile, experts du numérique et représentants des plateformes digitales, la rencontre avait pour objectif d’identifier des réponses concrètes face aux risques auxquels les enfants sont exposés dans l’univers numérique.
Dans son discours d’ouverture, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a rappelé que la transformation numérique connaît une accélération sans précédent au Cameroun. Internet, les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les contenus en ligne occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie quotidienne, particulièrement chez les jeunes. « Le numérique représente une opportunité considérable », a souligné la ministre. Grâce à Internet, a-t-elle expliqué, les enfants peuvent accéder plus facilement au savoir, développer leurs compétences, découvrir de nouvelles cultures ou encore préparer leur avenir dans un monde où les compétences numériques deviennent essentielles.
Cependant, cette ouverture sur le monde s’accompagne de nombreux dangers. Cyberharcèlement, contenus violents ou inappropriés, escroqueries, usurpation d’identité, atteintes à la vie privée ou encore exploitation des données personnelles figurent parmi les menaces identifiées par les autorités. Pour le gouvernement, la question dépasse désormais le simple cadre de la protection individuelle. « La protection des enfants dans le cyberespace est un investissement pour l’avenir de notre Nation », a affirmé Minette Libom Li Likeng. Selon elle, garantir la sécurité des jeunes internautes revient également à « renforcer la confiance dans l’économie numérique » et à préparer le capital humain dont le pays aura besoin demain.
Cette approche intervient dans un contexte où l’utilisation des plateformes numériques progresse rapidement. Selon les chiffres présentés lors de la rencontre, le Cameroun compte aujourd’hui plus de cinq millions d’utilisateurs de Facebook et plus de sept millions d’utilisateurs de WhatsApp. Parmi eux figurent de nombreux mineurs, devenus des utilisateurs quotidiens des services numériques. Face à cette réalité, les autorités insistent sur la responsabilité collective. « La protection des enfants en ligne ne relève pas de la seule responsabilité de l’État », a rappelé la ministre. Familles, enseignants, opérateurs télécoms, plateformes numériques, associations et médias sont appelés à contribuer à la création d’un environnement numérique plus sûr.
Le Cameroun dispose déjà d’un cadre réglementaire spécifique à travers la Charte de protection des enfants en ligne. Ce texte prévoit notamment des sanctions contre la pédopornographie, la sollicitation sexuelle en ligne, la diffusion de contenus portant atteinte à la dignité des enfants ou encore la promotion des jeux d’argent auprès des mineurs. Toutefois, les responsables du secteur estiment que la loi seule ne suffit pas. La sensibilisation, l’éducation numérique et la coopération entre acteurs apparaissent comme des leviers tout aussi importants. Partenaire de l’événement, Meta a réaffirmé son engagement en faveur de la protection des mineurs. « La sécurité des enfants est une priorité », a indiqué Serge Mbengue, responsable des politiques publiques de Meta pour l’Afrique francophone.
Par H. T.

