Eau potable: La Camwater vise 3,2 milliards de FCFA avec les compteurs individuels

Réunis à Mbankomo le 18 juin 2026 sous l’impulsion du Directeur général Blaise Moussa, les cadres de la Cameroon Water Utilities (Camwater) ont lancé l’atelier pour régulariser 52 000 abonnés en compteurs divisionnaires. L’objectif ici est de collecter 3,276 milliards de Fcfa de recettes en plus et un démarrage pilote à Douala et à Yaoundé le 1er juillet 2026.

Le secteur de l’eau au Cameroun s’apprête à vivre un véritable séisme managérial et structurel. Sous l’impulsion du Directeur général, Blaise Moussa, la Cameroun Water Utilities (Camwater) a ouvert le 18 juin 2026 à l’hôtel United de Mbankomo, un atelier Commercial et Marketing d’importance stratégique qui a  permis pendant plusieurs jours aux experts juridiques, cadres commerciaux et managers opérationnels de se pencher sur un dossier brûlant et prioritaire à savoir, la régularisation et la contractualisation directe des ménages camerounais actuellement alimentés par des compteurs dits « divisionnaires » ou intermédiaires. Cette initiative d’envergure s’inscrit de manière rectiligne dans le cadre des très hautes directives du Chef de l’État, Paul Biya, relatives à la mise en œuvre de la grande « Campagne 1000 000 de branchements sur 5 ans ». En effet, ce programme national préconise un rythme soutenu de 200 000 nouveaux branchements individuels par an.

En choisissant de s’attaquer de front à l’épineux problème de la gestion indirecte, la direction générale de la Camwater entend libérer les consommateurs de l’opacité financière imposée par des intermédiaires et enclencher par la même, une dynamique massive et pérenne de nouveaux abonnements sur l’ensemble du territoire national. Pendant plusieurs décennies, le modèle des branchements collectifs a rendu des services indéniables, palliant tant bien que mal les insuffisances de la desserte infrastructurelle dans les quartiers enclavés ou en pleine extension. Cependant, à l’aune de l’évolution remarquable des capacités de production d’eau potable, et de l’explosion corrélative de la demande en abonnements individuels, ce système est aujourd’hui devenu totalement désuète et contre-productif. À ce jour, des milliers de ménages vivant en concessions ou au sein de mini-cités consomment quotidiennement l’eau du réseau public sans disposer du moindre lien juridique ou contractuel avec la Camwater. Il est à noter que cette zone grise juridique et commerciale génère des dysfonctionnements majeurs et systémiques à trois niveaux distincts.

Pour les usagers d’abord, elle alimente des tensions et des conflits sociaux permanents entre bailleurs et locataires quant à la répartition arbitraire et souvent abusive des factures globales. Pour l’entreprise ensuite, le préjudice commercial est incommensurable avec des pertes en eau non facturée, des risques élevés de fraudes techniques sur les réseaux secondaires, des volumes abyssal d’impayés et opacité totale quant à la cartographie réelle du potentiel d’abonnés. Enfin, sur le plan de l’image de marque, la responsabilité de la Camwater se trouve injustement indexée par l’opinion publique lors des coupures d’eau, alors que la suspension de service résulte presque exclusivement de la mauvaise foi ou de la faillite financière du gestionnaire principal du compteur général. De ce fait, le directeur général Blaise Moussa a exigé de l’atelier de Mbankomo de lever tous les tabous et de cartographier sans concession les réalités et contraintes du terrain. Toutefois, les projections d’impact établies pour cette seule phase ciblent la conversion d’environ 52000 consommateurs divisionnaires en abonnés directs d’ici la fin d’année 226.

Sur le plan purement financier, cette bascule historique devrait injecter un gain de chiffre d’affaires projeté à environ 3,276 milliards de Fcfa, complété par près de 48 millions de Fcfa de frais de location de compteurs générés chaque mois. Pour matérialiser immédiatement cette feuille de route, trois livrables contractuels sont attendus dès les prochains jours avec en prime un projet de procédure de conversion rigoureusement validé sur le plan réglementaire, un modèle de protocole d’accord standardisé à co-signer avec les bailleurs, et enfin un plan d’actions opérationnel pour le déploiement immédiat. La phase pilote démarrera impérativement le 1er juillet 2026 dans les villes de Yaoundé et Douala.

Par Arnaud Joseph Etoundi

 

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