Eau et assainissement : Yaoundé, carrefour des solutions africaines durables
Du 9 au 13 février prochain, la capitale camerounaise accueillera le 23ᵉ Congrès international de l’AAEA, une grand-messe panafricaine tournée vers l’action ciblée pour garantir l’accès universel à l’eau et à l’assainissement en Afrique.
Dans un contexte continental marqué par de fortes inégalités d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, Yaoundé s’apprête à jouer un rôle central dans la recherche de réponses durables. La capitale politique du Cameroun accueillera, du 9 au 13 février, le 23ᵉ Congrès international et exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Un rendez-vous d’envergure qui réunira près de 3 000 participants.
Organisé par l’AAEA en collaboration avec le gouvernement camerounais et la Cameroon Water Utilities (Camwater), l’événement se tiendra au Palais des Congrès de Yaoundé autour du thème « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique ». Ce choix thématique sonne comme un appel à l’urgence, alors que l’échéance de l’Objectif de Développement Durable n°6 approches et que la majorité des Africains ne disposent toujours pas de services d’eau potable gérés de manière sécurisée.
L’objectif du Congrès est résolument pragmatique. Il s’agit, d’une part, de poser un diagnostic lucide des défis persistants du secteur, qu’il s’agisse de l’accès aux services, de la qualité des infrastructures ou de la durabilité des modèles économiques et, d’autre part, de mettre en avant des solutions applicables à court et moyen termes. Les discussions porteront notamment sur l’innovation technologique, le renforcement des compétences, l’amélioration de la gouvernance, la mobilisation des financements et l’adaptation aux effets du changement climatique.
Les travaux seront structurés autour de six axes stratégiques couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : la gestion intégrée des ressources en eau, l’eau potable, l’assainissement, le développement des capacités et des partenariats, la gouvernance et le financement, ainsi que la recherche, la technologie et l’innovation. Cette approche transversale vise à favoriser des réponses cohérentes, adaptées aux réalités locales et reproductibles à l’échelle régionale.
Le programme, particulièrement dense, alternera sessions plénières, panels de haut niveau, ateliers spécialisés et sessions techniques. Plus de 600 communications sont attendues, mêlant analyses scientifiques, innovations opérationnelles et retours d’expérience de terrain. Un symposium de haut niveau réunira par ailleurs des décideurs et experts autour d’une réflexion stratégique sur l’avenir du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique.
Au-delà des échanges intellectuels, le Congrès se positionne comme un véritable catalyseur de partenariats. Forums d’affaires, rencontres B2B, espace dédié aux start-ups et plateforme des chefs d’entreprises du secteur offriront des opportunités concrètes d’investissement et de coopération. Les jeunes professionnels, les femmes et les universitaires bénéficieront également d’une visibilité particulière à travers des activités organisées en amont du Congrès.
Enfin, l’événement mettra à l’honneur l’excellence africaine grâce à la remise de prix de l’AAEA récompensant l’innovation et les bonnes pratiques. Des visites techniques et des activités sociales viendront compléter cette semaine stratégique, faisant de Yaoundé, le temps d’un congrès, le cœur battant des décisions africaines pour l’eau et l’assainissement.
Par Julien Efila

