Eau et assainissement en Afrique: Yaoundé trace la voie d’un accès universel
La 96ᵉ session du Conseil stratégique de l’AAEA, organisée par la Camwater, a permis d’adopter des résolutions concrètes pour renforcer durablement l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement sur le continent.
Il est urgent que l’Afrique mette fin aux privations d’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement pour des centaines de millions de ses habitants. C’est ce défi majeur qui a rassemblé, du 17 au 20 novembre 2025 à Yaoundé, les acteurs clés du secteur hydrique lors de la 96ᵉ session du Conseil stratégique et technologique de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA).
Organisée par la Camwater, cette rencontre a constitué un cadre privilégié pour débattre, partager des bonnes pratiques et adopter des mesures concrètes destinées à transformer l’accès à l’eau et à l’assainissement sur le continent. Pendant près d’une semaine, le Cameroun a accueilli des experts, des décideurs, des opérateurs et des investisseurs venus de l’ensemble du continent pour discuter des problématiques structurelles qui limitent l’accès durable à l’eau potable et aux services d’assainissement. Le thème central, « Gestion durable des ressources en eau et renforcement des services d’eau et d’assainissement en Afrique », a orienté les débats et permis de concentrer les efforts sur des solutions innovantes et adaptées aux réalités africaines.
Les échanges ont couvert des sujets essentiels, notamment l’approche intégrée de la gestion des ressources en eau, le cadre stratégique et réglementaire, la transition vers des services résilients face aux changements climatiques et la mise en cohérence des politiques nationales avec les standards internationaux.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes de financement innovants. Le recours à des financements hybrides, la mobilisation du secteur privé et le soutien aux PME ont été identifiés comme essentiels pour assurer la viabilité économique des infrastructures hydriques et encourager l’investissement dans le secteur. Parallèlement, un accent particulier a été mis sur la réglementation et la professionnalisation de la vidange, ainsi que sur le développement des compétences à travers la formation, le mentorat et les partenariats académiques. L’objectif étant d’assurer un renforcement durable des capacités humaines et institutionnelles, facteur clé de succès pour la gestion des services d’eau et d’assainissement.
Au-delà des aspects techniques et financiers, cette session a permis au Cameroun de consolider sa position comme hub continental en matière de politique et de bonnes pratiques dans le secteur hydrique. Le pays a pu partager son expertise, notamment sur la gestion efficiente des réseaux, la détection des pertes d’eau et la résilience face aux impacts des changements climatiques, tout en tirant profit des expériences des autres États africains. Ces échanges renforcent non seulement la qualité des services au niveau national, mais contribuent également à la diffusion de solutions éprouvées sur l’ensemble du continent.
Au terme des travaux, plusieurs résolutions d’importance ont été adoptées, portant sur l’ingénierie, l’innovation, la gouvernance et le financement. Dans le domaine technique, il a été recommandé de prioriser des solutions adaptées aux besoins locaux, telles que les stations compactes et les technologies décentralisées, capables d’accroître la couverture en zones rurales et périurbaines.
Sur le plan de la gouvernance, les participants ont insisté sur l’accélération de l’opérationnalisation de l’Académie africaine de l’eau et de l’assainissement, un centre de formation et de partage de bonnes pratiques pour professionnaliser le secteur.

