Douane–Entreprises: L’OEA ouvre une nouvelle ère dès mars 2026

Annoncé le 20 février 2026 à Douala, le programme de l’Opérateur économique agréé qui entrera en vigueur le 31 mars, est un label accordé aux acteurs jugés fiables et respectueux des règles en la matière.

Le compte à rebours est lancé. À partir du 31 mars 2026, les entreprises camerounaises pourront officiellement bénéficier du statut d’Opérateur Économique Agréé (OEA), un label accordé aux acteurs jugés fiables et respectueux des règles. L’annonce a été faite le 20 février 2026 à Douala, lors de la quinzième Soirée des partenaires de la Douane, présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Pour le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, ce programme constitue « la phase la plus achevée du partenariat entre la Douane et les entreprises ». Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de dialogue, mais d’un système structuré de reconnaissance et d’avantages concrets pour les opérateurs exemplaires.

Concrètement, le statut OEA est accordé aux entreprises qui respectent durablement la réglementation, présentent une situation financière saine et sécurisent leurs opérations commerciales. Une fois certifiées, elles bénéficieront d’allègements notables : moins de contrôles, traitement prioritaire des dossiers, possibilité de dédouaner à domicile ou encore interlocuteur dédié au sein de l’administration. « Cette certification reconnaît le caractère citoyen des entreprises vertueuses », a souligné le patron des Douanes, invitant les opérateurs à « saisir cette opportunité ».

Le dispositif repose sur des textes déjà adoptés en 2025, notamment un décret du Premier ministre et une décision du ministre des Finances fixant les modalités d’examen des candidatures. Ainsi, le lancement prévu fin mars ne marque pas une promesse, mais l’aboutissement d’un cadre juridique désormais opérationnel. Au-delà des facilités accordées, l’enjeu est aussi stratégique. Un opérateur certifié au Cameroun pourra, à terme, bénéficier d’avantages similaires dans les pays ayant conclu des accords de reconnaissance mutuelle. « C’est un investissement qui se révélera payant à moyen et long terme », a assuré Louis Paul Motaze, encourageant les entreprises à candidater massivement.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique entamée depuis plus de quinze ans. En 2009 déjà, l’Administration des Douanes affichait sa volonté de passer « d’une logique de confrontation à une logique de partenariat ». Depuis, plusieurs cadres de concertation ont vu le jour : forum Douane-Entreprises, cellules d’écoute dans les bureaux, commissions sectorielles et protocoles d’accords avec diverses organisations. Progressivement, cette démarche a produit des résultats tangibles. Les procédures ont été simplifiées, le paiement électronique généralisé et les délais raccourcis. Surtout, la confiance s’est installée. « La performance de la Douane dépend largement de la collaboration des opérateurs économiques », a rappelé Fongod Edwin Nuvaga.

Le Programme OEA pousse cette logique plus loin en introduisant une différenciation assumée : accorder davantage de fluidité aux entreprises conformes et concentrer l’attention sur les flux à risque. « Ce principe, fondé sur la transparence et la responsabilité partagée, vise à renforcer la compétitivité des entreprises tout en sécurisant les échanges », a martelé la DGD.

 

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