Douala: Les vacances utiles séduisent de plus en plus les jeunes
À peine les portes des établissements scolaires refermées, une autre saison s’ouvre pour des milliers de jeunes. Loin des loisirs classiques, de nombreux élèves et étudiants optent désormais pour des vacances dites « utiles », faites de formations pratiques, de stages professionnels ou d’activités génératrices de revenus.
Dans le quartier Akwa, au cœur d’un centre de formation professionnelle, l’ambiance est studieuse. Devant des ordinateurs, une vingtaine d’adolescents suivent avec attention un cours d’initiation au graphisme et au montage vidéo. « Je ne voulais pas passer toutes mes vacances à la maison. Aujourd’hui, la maîtrise des outils numériques est indispensable. Cette formation me permettra de développer une activité plus tard », explique Stéphane, élève en classe de Première. À Douala, les formations en informatique figurent parmi les plus prisées. Selon plusieurs centres visités, les frais varient entre 30 000 et 80 000 FCFA pour un mois de formation selon le module choisi. L’initiation à la bureautique coûte en moyenne 35 000 FCFA, tandis que les cours de programmation informatique ou de design graphique peuvent atteindre 75 000 FCFA.
Non loin de là, dans le quartier Bonamoussadi, un autre centre accueille des jeunes désireux d’apprendre la pâtisserie, la cuisine ou la décoration événementielle. « Les parents recherchent aujourd’hui des formations qui permettent aux enfants d’acquérir un savoir-faire immédiatement exploitable », affirme Agathe Terrance, la promotrice du centre. Les formations en pâtisserie sont proposées à des tarifs oscillant entre 40 000 et 70 000 FCFA pour quatre à six semaines. Pour la cuisine africaine et européenne, les coûts se situent généralement entre 50 000 et 90 000 FCFA, matériel compris.
Les métiers de la beauté connaissent également un engouement croissant. Dans plusieurs instituts de la ville, les vacances sont l’occasion d’apprendre la coiffure, l’esthétique ou la pose d’ongles. À Deïdo, un institut spécialisé reçoit chaque année plusieurs dizaines de jeunes filles. « Nous enregistrons une forte demande dès le mois de juin », confie la responsable de l’établissement. Pour une formation en coiffure de base, les apprenants déboursent entre 25 000 et 50 000 FCFA. Les modules de maquillage professionnel et d’esthétique sont facturés entre 40 000 et 80 000 FCFA selon la durée de l’apprentissage. Par ailleurs, de nombreuses associations proposent des colonies de vacances axées sur le leadership, l’entrepreneuriat et l’apprentissage des langues. Les frais d’inscription varient généralement entre 15 000 et 60 000 FCFA selon les activités proposées.
Les vacances utiles ne se limitent pas aux formations professionnelles. Certains jeunes choisissent plutôt des stages en entreprise afin de découvrir le monde du travail. Dans les supermarchés, pharmacies, cabinets comptables ou entreprises privées, les stages de découverte se multiplient. Bien que plusieurs structures n’offrent aucune rémunération, certaines accordent des primes mensuelles allant de 20 000 à 50 000 FCFA aux stagiaires les plus assidus. Par ailleurs, de nombreuses associations proposent des colonies de vacances axées sur le leadership, l’entrepreneuriat et l’apprentissage des langues. Les frais d’inscription varient généralement entre 15 000 et 60 000 FCFA selon les activités proposées.
Pour plusieurs parents rencontrés à Douala, ces vacances utiles constituent un investissement pour l’avenir. « Les enfants passent suffisamment de temps sur les réseaux sociaux pendant l’année scolaire. Les vacances doivent aussi servir à apprendre un métier ou à développer des compétences », estime Marie Ngo Mbe, mère de trois enfants. Toutefois, le coût de certaines formations reste un frein pour de nombreuses familles, dans un contexte économique marqué par la cherté de la vie. Pour contourner cette difficulté, plusieurs centres proposent des facilités de paiement ou des réductions pour les inscriptions groupées.
Dans la capitale économique, les vacances utiles s’imposent progressivement comme une alternative aux congés traditionnels. Entre informatique, métiers artisanaux, entrepreneuriat et stages professionnels, de plus en plus de jeunes choisissent désormais de mettre à profit leur temps libre pour préparer leur avenir.
Par Diane Kenfack

