Douala : Les coupures d’électricité persistent malgré la reprise d’Eneo
Avec la renationnalisation, les Doualais s’attendaient à un meilleur approvisionnement en électricité. Mais les coupures répétitives continuent de perturber la vie quotidienne et l’économie locale.
Malgré le rachat d’Eneo par l’État du Cameroun, les populations de Douala continuent de subir des coupures d’électricité à répétition. Les interruptions électriques persistent, entraînant des conséquences sociales et économiques significatives. « Quand les blancs géraient Eneo, les coupures existaient déjà. Je pensais qu’avec l’État, la situation allait s’améliorer. Mais c’est pire maintenant. Les nourritures se gâtent, et nous dormons dans cette chaleur intense tous les soirs », déplore une restauratrice. Une commerçante complète : « Ma poissonnerie est en train de tomber parce que je ne peux pas m’offrir un groupe électrogène. Je pensais que la reprise par l’État allait améliorer les choses, mais c’est de mal en pire ».
Le 19 novembre 2025, l’État a finalisé le rachat des parts du fonds britannique Actis pour 78 milliards de FCFA, portant sa participation à 95 % du capital. Le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba, avait alors déclaré : « Cette signature marque la reprise effective du contrôle d’Eneo par l’État du Cameroun. C’est une étape indispensable pour engager les réformes d’urgence nécessaires à la stabilisation du secteur électrique ». Mais depuis lors, la situation va de mal en pire, plongeant les habitants de la capitale économique dans le désarroi.
Selon le service de la communication d’Eneo, les coupures sont liées à un déficit de production et à des saturations du réseau de transport, particulièrement dans la ville de Douala. «La baisse de production de la centrale de Memve’élé, aggravée par l’étiage sur le Ntem, limite la fourniture d’électricité. De plus, l’usine de transport de Lom Pangar ne peut partager sa production avec le reste du réseau interconnecté Sud, faute de lignes suffisantes. Des rationnements rotatifs sont ainsi mis en œuvre pour préserver l’équilibre du système».
Toutefois, l’État ambitionne un retour à l’équilibre du secteur d’ici 2028, avec comme objectifs la modernisation de la distribution, la réduction des pertes techniques et l’amélioration de la performance financière. Cette reprise de contrôle marque une étape stratégique certes, mais pour les Doualais, le défi reste réel : restaurer la fiabilité de l’alimentation électrique demeure une priorité urgente.
Diane Kenfack

