Direction générale de la SNI: La bataille de positionnement ouverte

Après la nomination par le chef de l’État, Paul Biya, de Johnny Razack au poste de PCA, le 25 avril dernier, la course à la direction générale de la Société nationale d’investissement (SNI) s’intensifie.

La succession à la tête de la direction générale de la SNI, après le long mandat de Yaou Aissatou, en poste depuis le 18 septembre 2003, serait-elle ouverte ? C’est la question qui taraude les esprits à la suite de la nomination, le 25 avril, de Johnny Razack comme président du conseil d’administration (PCA) de cette structure, en remplacement de Geoffroy Désiré Mbock, écarté après cinq années passées à ce poste.

S’il est donc vrai que le challenge est de taille pour cet administrateur civil principal dont le manque d’expérience dans la gestion des entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, peut jouer en sa défaveur, il n’en demeure pas moins vrai que le casting pour la direction générale de cette structure doit tenir compte de ce critère.

Et à en croire les milieux d’affaires, quatre principaux noms ressortent. Parmi eux, Jean-Claude Ayem Mauger, conseiller technique à la présidence, est considéré comme un favori, notamment en raison de la proximité qu’on lui prête avec Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général à la présidence de la République (SGPR). Hervé Manfouo, également conseiller technique au secrétariat général de la présidence de la République, est lui aussi cité comme un candidat, bénéficiant du même soutien.

Le nom de Roger Bafakang, conseiller technique numéro trois au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), dont on dit pour sa part avoir tout le soutien de son ministre, Alamine Ousmane Mey. Aline Valérie Mbono, directrice exécutive du Groupement des Entreprises du Cameroun, dont la candidature serait soutenue par Célestin Tawamba, le président de cette organisation, vient clore cette liste de potentiels favoris au poste.

Il est important de rappeler que cette course intervient dans un contexte de réforme profonde de la SNI. En effet, le 10 juillet 2024, le président de la République avait signé deux décrets. L’un transforme cette entité en une société à capital public, et l’autre porte à approbation ses nouveaux statuts, en cohérence avec sa nouvelle configuration.  D’après le premier texte, la SNI est désormais dotée de nouvelles missions pour peser plus sur l’économie et les investissements. Elle va voir accroître son capital social de 200 milliards de FCFA.

Par ailleurs, avec le nouveau texte, les missions de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic, du Bureau de mise à niveau des entreprises et de la Commission technique de privatisation et de liquidation des entreprises du secteur public et parapublic ont été transférées à la SNI.

Aussi, ce désormais géant aux énormes enjeux, avec l’État comme actionnaire unique, est chargé de la mobilisation et de l’orientation des financements, en vue de favoriser les investissements productifs dans les secteurs industriel, agricole, minier, financier, commercial et des services. À ce titre, c’est elle qui octroie désormais les visas préalables de viabilité économique et financière pour toutes les interventions de l’État dans les projets industriels portés par le secteur privé.

En outre, les missions du bras séculier de l’État pour la prise de participations et la création d’entreprises sont étendues aux entreprises publiques, au sein desquelles elle effectue désormais l’analyse comptable et financière de leur performance ; mène des études diagnostiques et d’évaluation de ces institutions ; assure le contrôle de l’élaboration et l’exécution des contrats de performance conclus entre l’État et les entreprises publiques. Aussi, elle est chargée des opérations de capital-risque et de capital-développement, ainsi que de l’exercice d’activités d’intermédiation en bourse et de gestion d’actifs.

S’agissant des tutelles, si le ministère des Finances continue d’assurer la tutelle financière de la SNI, l’aspect technique relève désormais des compétences du ministère en charge de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), dont la mission est de s’assurer que les activités menées par la société sont conformes aux orientations des politiques publiques du gouvernement dans les secteurs ciblés.

Par Oumarou Mey

 

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