Dette publique du Cameroun: Un marqueur de résilience dans la tempête mondiale
Alors que l’économie mondiale ralentit et que les incertitudes géopolitiques s’intensifient, le Cameroun ajuste sa trajectoire budgétaire tout en maintenant la confiance des bailleurs de fonds internationaux. Retour sur les principaux indicateurs de la dette publique en juin 2025.
La conjoncture de la dette publique du Cameroun, publiée fin juillet par la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), révèle un équilibre fragile mais maîtrisé. Cette publication intervient dans un environnement international secoué par des tensions commerciales et une croissance mondiale en net recul, estimée à 2,3 % en 2025 selon la Banque mondiale. Dans la région Cemac, les perspectives économiques ont également été revues à la baisse. Ainsi, la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a choisi la prudence, en maintenant ses principaux taux directeurs inchangés.
Dans ce contexte régional tendu, le Cameroun affiche néanmoins une relative résilience. Celle-ci repose notamment sur une politique budgétaire réactive et sur un soutien renouvelé de ses partenaires financiers. À ce titre, le budget de l’État a été revu à la hausse en juillet, atteignant désormais 7 735,9 milliards de FCFA, soit une augmentation de 418,2 milliards. Cette enveloppe vise à stimuler les investissements publics, à travers des projets structurants tels que la centrale hydroélectrique de Nachtigal ou l’extension du port en eau profonde de Kribi.
En complément de cette stratégie interne, le Cameroun bénéficie également d’un appui multilatéral significatif. Le 24 juillet, le FMI a validé les revues de ses programmes avec le pays (FEC, Medc, FRD), ouvrant la voie à des décaissements d’environ 88,2 milliards FCFA. Ce soutien confirme la crédibilité macroéconomique du pays sur la scène internationale.
Ces efforts conjoints, budgétaires et financiers, devraient permettre au Cameroun de maintenir sa trajectoire de croissance. Selon la CAA, le gouvernement projette une croissance de 4,2 % en 2026, portée par la reprise de la consommation des ménages et par une embellie attendue du secteur agricole, en particulier grâce à une hausse de 6,7 % de la production de cacao, dans un contexte de prix mondiaux historiquement élevés (+129,7 % en 2024).
Hélène Tientcheu

