Dette flottante 2000-2019: L’État a déjà remboursé plus de 463 milliards de FCFA
Malgré un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires, le gouvernement maintien le cap de son plan de trésorerie avec des paiement effectués entre 2024 et 2025, démontrant la volonté de l’autorité publique de solder l’ensemble de ses engagements financiers à l’horizon 2027.
C’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques et aux partenaires financiers, c’est pourquoi l’État accélère le pas pour tenir ses engagements financiers. Dans un communiqué officiel signé le 29 mai 2026, le ministre des Finances (MINFI), Louis Paul Motaze, a fait un point complet sur la vaste opération d’apurement de la dette flottante contractée entre 2000 et 2019. Commencée au début de l’année 2024, cette opération affiche aujourd’hui des chiffres impressionnants, avec plus de 463 milliards de FCFA qui ont déjà été injectés dans l’économie pour désintéresser les créanciers. Au départ de cette opération, le volume total de la dette auditée s’élevait à 752,1 milliards de FCFA. À ce jour, l’État a déjà remboursé la somme exacte de 463,3 milliards de FCFA et ce montant représente plus de 60% de l’enveloppe globale initiale. Pour l’année 2024, les paiements ont atteint 232,9 milliards de FCFA pour s’élever à 230,4 milliards de FCFA en 2025.
En effet, l’analyse des priorités de l’État montre que l’accent a d’abord été mis sur le social et le pouvoir d’achat. Au cours de la première année de mise en œuvre, les paiements ont ciblé en priorité la dette salariale qui a capté à elle seule 182,9 milliards de FCFA. Le reste des fonds de l’’année 2024, soit 50 milliards de FCFA, a permis de régler la dette fiscal-douanière. Notons que pour l’exercice 2025, une enveloppe spéciale de 110 milliards de FCFA a été inscrite au budget de l’État, puis était réservée au paiement de la tranche annuelle hors dette salariale. À la date du communiqué, près de 78,3% de cette enveloppe a fait l’objet d’un paiement effectif, représentant alors une somme décaissée de 86,2 milliards de FCFA. Pour mieux comprendre le processus, le document du MINFI donne le détail précis de la répartition de ces 86,2 milliards de FCFA avec en premier ressort, la dette fiscalo-douanière qui a reçu la plus grosse part avec 54,2 milliards de FCFA. Ensuite vient la dette commerciale qui touche directement les entreprises privées partenaires de l’État, elle a bénéficié de 20,2 milliards de FCFA, tout comme la dette académique a pour sa part reçu 6,5 de FCFA. Ce montant a été totalement engagé pour les universités et les enseignants concernés qui reçoivent progressivement leurs virements bancaires selon les liquidités disponibles. Quand au reste de l’enveloppe, soit 5,3 milliards de FCFA, elle a enfin été consacrée au règlement de la dette sociale et de la dette locative.
Tolérance zéro contre la fraude en 2027
Le MINFI ne cache pas sa détermination, et rappelle que le chemin est parsemé d’embûche, « malgré les contraintes financières actuelles, les paiements se poursuivent suivant les prévisions du plan de trésorerie de l’État », précise le communiqué. Cette rigueur vise un but précis, celui d’aboutir d’ici 2027 au paiement total de la dette flottante. Pour le gouvernement, il en va de la crédibilité de l’État et de la restauration d’un climat de confiance avec ses créanciers. Cependant, cet élan de générosité publique s’accompagne d’une vigilance accrue, d’où la mise en garde du MINFI aux fraudeurs. Le texte dénonce les « manœuvres frauduleuses à l’effet de réclamer des créances fictives à l’état », et le ministre se réserve le droit de poursuivre en justice toute personne mal intentionnée. Ainsi, l’opération d’apurement vise uniquement les dettes réelles et non structurées, réclamées par des tiers vis-à-vis des administrations centrales, des établissements publics et des collectivités territoriales décentralisées.
Au-delà des chiffres, cette opération est une excellente nouvelle pour les entreprises et les ménages. En épongeant ces vieilles dettes, l’état redonne du souffle aux opérateurs économiques , l’argent injecté va grandement améliorer la liquidité de nombreuses entreprises et va renforcer leur capacité d’investissement et sécuriser des milliers d’emplois.
Par Arnaud Joseph Etoundi

