Déforestation: Des mesures concrètes pour améliorer la transparence
Selon le Rapport de la Banque Mondiale, il existe des signes encourageants qui montrent que la lutte contre la déforestation au Cameroun et dans le bassin du Congo progresse.
La déforestation tropicale est une priorité internationale et le Cameroun est signataire de la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l’occupation des sols (12 novembre 2021). Les autorités camerounaises espèrent voir de nombreux engagements à l’action (dont la Déclaration conjointe pour la protection et la gestion durable des forêts du bassin du Congo, du 2 novembre 2021) se traduire par des résultats sur le terrain. Avec ses engagements internationaux et dans le cadre de sa propre vision de développement, le Cameroun doit prendre des mesures concrètes pour améliorer la transparence, la redevabilité et l’inclusion dans la prise de décision relative à la gestion des forêts, en plus d’augmenter le financement de la conservation des forêts.
Et de fait, les options pour mettre fin à la déforestation s’offrent aux Cameroun, à ses voisins et à la communauté internationale. Le Cameroun pourrait canaliser l’attention politique et les ressources financières vers les domaines, les facteurs et les acteurs les plus importants qui présentent les interventions les plus efficaces. En améliorant rapidement la qualité et la disponibilité des données de suivi sur les forêts, le Cameroun peut non seulement repérer où les pertes de forêt se produisent, mais aussi déterminer les causes de cette perte et agir en connaissance de cause. Le gouvernement peut utiliser des outils stratégiques qui se sont avérés efficaces à l’échelle internationale.
Si la perte de forêt est causée par le défrichement illégal effectué par des acteurs commerciaux, il est possible de la limiter par le renforcement de l’application des obligations légales et réglementaires. La création d’aires protégées et la reconnaissance des droits des peuples autochtones peuvent ralentir la déforestation.
Restauration des paysages
Les autorités peuvent concevoir des incitations fiscales telles que l’accès au crédit ou des paiements directs pour récompenser la protection des forêts, au lieu de subventionner le défrichement des forêts. Si la construction de routes à travers des forêts intactes est le principal facteur d’empiétement, les autorités peuvent trouver des itinéraires alternatifs pour satisfaire les besoins légitimes d’accès aux marchés et aux services.
Pour les entreprises qui produisent, commercialisent ou achètent des produits de base associés à la déforestation (et pour les membres de la société civile qui cherchent à influencer ces entreprises), la superposition de cartes montrant l’évolution du couvert forestier avec les données y afférentes (par exemple, l’emplacement des concessions), peut permettre de déterminer les domaines où il faudrait prioriser les efforts de gestion des risques ou de plaidoyer externe.
Autres actions : l’appui à la conception et au déploiement d’instruments de tarification et de marché du carbone pour faciliter la réduction des émissions ; l’utilisation des réformes fiscales pour influencer la conservation des forêts et la santé des écosystèmes ; la révision/mise à jour de la politique forestière de 1993 et de la loi forestière de 1994 ; la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’action FLEGT et de l’APV de l’UE ; l’appui aux filières du cacao et aux autres produits de base sans déforestation (caoutchouc, huile de palme). Ces efforts menés dans le Bassin du Congo nécessiteraient une action spécifique aux niveaux régional, national et local.
EM

