Déchets ménagers: Les médias, nouveau levier de la relance verte
Réunis à Yaoundé le 25 juin 2026 à l’initiative d’IHS Cameroon, avec l’appui technique de Biodiversité Cameroun (Biocamer), une trentaine de journalistes des régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud-Ouest ont été formés aux enjeux de la gestion des déchets ménagers.
Et si la première solution à la crise des déchets n’était ni un camion supplémentaire ni une nouvelle décharge, mais une information de meilleure qualité ? C’est le pari d’IHS Cameroon. En marge de la Journée mondiale de l’environnement, l’entreprise, avec le partenariat technique de Biodiversité Cameroun (Biocamer), a réuni le 25 juin à Yaoundé une trentaine de journalistes pour leur donner les clés d’un sujet qui dépasse désormais la seule question de la propreté des villes. Car derrière les tas d’ordures qui bordent les rues se cache une véritable facture économique. Santé publique fragilisée, tourisme pénalisé, cadre de vie dégradé, pollution des sols, de l’eau et de l’air : « la mauvaise gestion des déchets freine le développement urbain et alourdit les dépenses des collectivités », affirme un participant à la formation.
Les chiffres présentés lors du séminaire illustrent l’ampleur du défi. À Douala, près de 2 700 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour. Environ 1 800 tonnes seulement sont ramassées, laissant près de 900 tonnes s’accumuler quotidiennement dans les quartiers. Lors des périodes de fêtes, le volume des déchets peut même tripler, aggravant une situation déjà critique. Pour les organisateurs, cette crise est aussi celle du traitement médiatique. « Les sujets environnementaux restent peu présents dans les rédactions alors qu’ils concernent directement l’économie et le quotidien des populations ». « Combien d’articles sont dédiés à la problématique des déchets ? », a lancé Arlette Charline Kenembeni, du ministère de l’Environnement de la protection de la nature et du développement durable (Minepded). Avant d’interpeller les journalistes : « Communiquons-nous en nous attardant sur le problème ou en relayant les solutions ? »
Cette approche a guidé toute la formation. Les participants ont été initiés au journalisme de solutions, une manière de traiter l’information qui ne se limite pas au constat, mais met également en lumière les initiatives capables de produire des résultats. Ils ont aussi renforcé leurs connaissances sur les règles qui encadrent la gestion des déchets et sur les moyens d’éduquer les citoyens à travers leurs productions médiatiques. Pour le Minepded, le temps n’est plus aux seuls discours. « La prise de conscience est une réalité, mais l’action doit suivre », a insisté Aoudou Joswa, directeur des normes et du contrôle. Selon lui, en formant les professionnels des médias, IHS Cameroon contribue à l’effort national pour améliorer durablement la gestion des déchets ménagers.
La Dr Blandine Olive Tchamou a, elle aussi, invité les journalistes à devenir des passeurs de bonnes pratiques. Son message est clair : « Il faut passer de la parole à l’action. » Pour la spécialiste, l’information doit conduire chaque citoyen à expérimenter de nouveaux gestes dans son quotidien plutôt que de se limiter à dénoncer les insuffisances. En choisissant de former les journalistes plutôt que de se limiter à une campagne de communication classique, IHS Cameroon fait le pari qu’un changement durable commence par une meilleure circulation de l’information. Dans un pays où la croissance des villes s’accompagne d’une explosion des déchets, la bataille de l’environnement pourrait bien se gagner autant dans les colonnes des journaux que dans les rues.
Hélène Tientcheu

