De l’ombre à la lumière: L’odyssée du Pr. Bruno Bekolo Ebe

Paru aux éditions l’Harmattan, l’ouvrage « De l’autre côté du mur » a provoqué un véritable émoi parmi le public de Douala. Ce livre qui plonge le lecteur dans l’univers carcéral, révèle les réalités souvent cachées de la prison et invite à une réflexion profonde sur la justice et la société.

Le 28 avril 2026, dans la salle Saint Pierre Favre du collège Libermann à Douala, le professeur Bruno Bekolo Ebe a présenté son livre « De l’autre côté du mur, la prison me fut une grâce ». Mais ce n’était pas juste un livre, c’était une vie mise à nu, une douleur transformée en parole, une chute devenue élévation. Lorsque l’auteur a pris la parole, le temps s’est arrêté. Sa voix, calme mais émouvante, portait les années perdues derrière les murs froids de la prison centrale de Yaoundé. L’auteur n’a pas parlé de haine ou de revanche, mais d’un « devoir de vérité ». Il n’a pas cherché à susciter la pitié ou la compassion, mais à inviter à l’écoute et à la réflexion. Avec une grande sobriété, il a confié que si son livre pouvait aider ne serait-ce qu’une personne à ne pas sombrer dans le désespoir, alors il aurait trouvé tout son sens. C’est un témoignage poignant de la capacité de l’homme à transformer l’adversité en opportunité de croissance.

Après plus de cinq ans passés en prison, Bruno Bekolo Ebe partage une vision unique de son expérience. Pour lui, la prison, bien qu’injuste, a été un espace de transformation profonde. « Dans mon cas, la prison ne fut pas seulement une injustice subie. Elle a été révélatrice de la fragilité de l’homme, de la méchanceté, de la violence du système, de la capacité humaine à tenir à se relever.  … c’est pourquoi j’ai osé écrire cette phrase qui donne son sous-titre au livre ; la prison me fut une grâce. Non parce que la prison est juste, non parce que l’injustice serait acceptable, mais parce que malgré tout j’ai trouvé les profondeurs humaines, les maturations intérieures, la lucidité nouvelle sur le monde, sur la foi, sur soi-même, sur la justice… ». La geôle lui a permis de grandir, de mûrir et de trouver un nouveau sens à la vie.

L’auteur assume pleinement le sous-titre « la prison me fut une grâce », une affirmation qui suscite l’intérêt et la réflexion de l’assistance. Il explique que son séjour en prison lui a permis de découvrir des aspects profonds de lui-même et du monde qui l’entoure. Dans ce silence méditatif, une question se pose : à qui s’adresse ce livre ? La réponse de l’auteur est claire : ce livre s’adresse à tous. À ceux qui ont subi l’injustice, à ceux qui pensent que tout est perdu, à ceux qui détiennent le pouvoir, à ceux qui rendent la justice et à ceux qui la subissent. C’est un appel universel à la réflexion, à l’empathie et à la compréhension. L’auteur invite chacun à se reconnaître dans son histoire et à trouver un chemin de guérison et de transformation.

La salle s’est transformée en un espace de confidences, où les gens partageaient leurs histoires d’injustice, de douleur et de résilience. L’auteur a créé un lien avec l’audience, les invitant à se confronter à leurs propres certitudes et à leur capacité de résilience. C’était plus qu’une présentation de livre, c’était un moment de dialogue et de remise en question. Le Pr. Bekolo Ebe a affirmé que son livre n’est pas une réponse, mais un témoignage et un appel à l’espérance. Il a dit que, malgré les questions qui demeurent, il est convaincu que le changement est possible et que les hommes et les femmes qui ont le sens du service public peuvent faire la différence. Il a également déclaré que, s’il lui était donné de recommencer, il ferait au moins la même chose, sinon mieux.

Diane Kenfack

 

 

 

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