Crédit et transparence:  La CEMAC se dote de son premier BIC

La zone CEMAC franchit une étape majeure dans la modernisation de son système financier. Avec le lancement à Douala de Creditinfo Central Africa, premier Bureau d’Information sur le Crédit agréé, les autorités entendent renforcer la transparence, améliorer l’accès au crédit et réduire les risques pour les établissements financiers.

Trois jours de travaux ont suffi pour mettre effectivement sur pied Creditinfo Central Africa (CICA), désigné comme Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la zone CEMAC. Son rôle est de réduire l’asymétrie d’information, d’améliorer l’évaluation du risque de crédit, de renforcer la discipline de marché et, ce faisant, de contribuer à la solidité du système financier, au bénéfice à la fois des établissements financiers, des emprunteurs, de la Banque centrale et, plus largement, de l’économie réelle. Du 20 au 23 janvier, hommes d’affaires et responsables de la CEMAC et de la BEAC ont ainsi dessiné les contours de l’avenir économique de la sous-région.

L’avènement du BIC-CEMAC n’est pas une simple formalité administrative. Il répond à une problématique structurelle et aux défis liés à l’asymétrie d’information, qui ont longtemps entravé l’essor du crédit dans la zone. Le BIC vient combler ce vide en centralisant les données de crédit et en permettant d’établir un portrait fidèle et évolutif de la solvabilité des emprunteurs.

Lors de la cérémonie, Creditinfo, en qualité de premier Bureau d’Information sur le Crédit de la CEMAC, a présenté les bénéfices de cette nouvelle organisation. « Le projet “Credit Bureau” a démarré en 2014, à la suite de l’une des recommandations issues de la conférence internationale organisée à Libreville en juin 2013 sur le financement des économies de la CEMAC, notamment sur le rôle institutionnel des banques centrales dans la dynamisation du secteur financier. Il s’agissait d’assainir le marché du crédit, de promouvoir l’accès aux produits et services financiers et de créer un bureau de crédit. Aujourd’hui, ce résultat se concrétise par cette cérémonie qui réunit l’ensemble des acteurs de notre écosystème financier et monétaire », a déclaré Philippe Boupda.

Le directeur général de Creditinfo Central Africa est également revenu sur les missions de l’entreprise : « L’entreprise a pour mission de collecter l’ensemble des données de la clientèle, des agents économiques, des PME, des grandes entreprises et des ménages, avec pour objectif d’en assurer le traitement et de garantir la fiabilité et l’exhaustivité des informations. Cela permettra aux établissements financiers, notamment aux banques et aux institutions de microfinance, de réduire leur exposition au risque de crédit », a-t-il ajouté.

À l’issue des travaux tenus à Douala, il est apparu que la mise en place de ce projet constitue une réponse à la nécessité de disposer de centrales d’informations financières fiables, capables de réduire l’asymétrie d’information entre détenteurs et demandeurs de capitaux. Cette situation constitue en effet un obstacle majeur au financement du secteur privé dans la sous-région CEMAC, en particulier pour les petites et moyennes entreprises ainsi que pour les ménages. L’instrument mis en place s’inscrit donc dans la volonté de la CEMAC de permettre aux ménages, aux PME et aux grandes entreprises de contribuer à la stabilité économique régionale.

Pour le président du conseil d’administration de Creditinfo, Sidimhamed Abouchikhi, la nouvelle structure est appelée à jouer un rôle clé dans l’octroi de crédits. « Nous nous réjouissons d’abord du lancement du bureau de crédit au niveau de la zone, sous l’égide de la Banque centrale, la BEAC. Cela représente une étape majeure dans l’amélioration de l’infrastructure financière de la CEMAC. Ce bureau va collecter des informations auprès des fournisseurs d’électricité, des opérateurs de télécommunications et des fournisseurs d’accès à Internet, puis les partager lors des demandes de crédit. Ainsi, au moment où un client sollicite un prêt, les banques pourront consulter ce rapport. L’objectif est de réduire l’asymétrie d’information et de faciliter un meilleur accès au financement pour les consommateurs », a-t-il expliqué.

 

Par Jean Bedel Mbassi

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