Contrôle qualité des services des télécoms: L’ART passe à la vitesse supérieure
Sous l’impulsion de son directeur général, le Pr Philémon Zoo Zame, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) intensifie depuis quelque temps ses contrôles sur le terrain, dans l’optique de mettre fin à la dégradation des services de téléphonie et d’internet au Cameroun.
Appels interrompus, connexions internet instables, qualité d’écoute dégradée : les Camerounais n’en peuvent plus. Des quartiers de Douala ou de Yaoundé aux localités de Kolofata ou de Doumaintang, les plaintes fusent contre une qualité de service offerte par les opérateurs de téléphonie.
Face à ce constat, sous la houlette de son top management, l’Art a décidé de hausser le ton et de durcir sa posture de régulateur. C’est ainsi que depuis le mois d’avril dernier, une série d’opérations de contrôle de la qualité et de la couverture réseau a été menée dans plusieurs régions, notamment au Centre, au Sud et dans le Littoral. Ces descentes sur le terrain des équipes de l’Art ont permis d’évaluer la performance des services voix, SMS et data, sur les grands axes routiers et dans les centres urbains. Ainsi que de confronter les engagements des opérateurs inscrits dans leur cahier des charges et la réalité vécue par les usagers.
Rendues possibles grâce à un renforcement du maillage territorial du régulateur et à l’utilisation d’équipements de contrôle de dernière génération, ces missions techniques se poursuivent actuellement à l’Est et dans les trois régions septentrionales. Elles prennent en compte à la fois les facteurs endogènes, comme les dysfonctionnements internes aux opérateurs (mauvaise gestion du réseau, équipements obsolètes), et exogènes, tels que les coupures de fibre optique, les problèmes d’énergie ou encore les brouillages radioélectriques. L’ART entend par ce fait créer un écosystème télécoms plus robuste, apte à résister aux aléas et à offrir des services de qualité pour tous.
L’offensive s’inscrit en outre dans une stratégie de fond, amorcée depuis plusieurs années. Dès 2022, l’ART avait engagé un travail de fond pour améliorer durablement la qualité des services de communication électronique au Cameroun. Un atelier national y afférant, organisé la même année, avait permis de dresser un premier diagnostic partagé entre les régulateurs, les opérateurs et les acteurs institutionnels. Ce forum avait débouché sur des engagements d’investissement de plus de 150 milliards de FCFA de la part des principaux opérateurs de téléphonie mobile présents sur le marché (MTN, ORANGE, CAMTEL).
Dans la foulée, le régulateur a mis en place des concertations techniques régulières avec ces opérateurs, mais aussi avec l’opérateur d’infrastructures passives IHS, pour assurer un suivi rigoureux des obligations contractuelles. Des descentes ciblées ont été effectuées dans les installations techniques des opérateurs pour inspecter les antennes, les équipements de transmission et les systèmes de gestion du trafic. Aussi, l’institution a fait de l’audit du réseau national de fibre optique l’une de ses priorités. Menée afin de cartographier les faiblesses de l’ossature numérique du pays, cette initiative vise à identifier les zones de fragilité, en particulier les points de coupure fréquents et les dysfonctionnements liés à l’entretien du réseau, souvent à l’origine des interruptions de service.
Avec cette nouvelle dynamique, l’ART ambitionne de faire du numérique un vecteur d’équité, en garantissant à chaque Camerounais, où qu’il vive, une qualité de service homogène à tous les citoyens.
Par Julien Efila

