CoCrise post-électorale: Le Cameroun face à une « tension de liquidité »

D’après une analyse de l’économiste Oumarou Sanda Awal, devenue virale sur les réseaux sociaux, contestation des résultats, fuite de capitaux et blocage des financements internationaux mettent le Trésor sous pression, menaçant l’économie et la stabilité sociale.

Depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le Cameroun traverse une période de tension économique aiguë, aggravée par une crise politique persistante. Selon Oumarou Sanda Awal, économiste et membre de la société civile, « l’État vit au jour le jour, empruntant sans cesse pour rembourser les dettes précédentes, dans un climat de méfiance croissante des investisseurs et partenaires extérieurs ». Il précise qu’entre juin 2024 et juin 2025, plus de 63 % des émissions de dette publique ont été constituées de bons du Trésor à court terme, un indicateur clair d’essoufflement budgétaire.

Cette situation traduit d’après l’expert, une tension de liquidité, c’est-à-dire un manque de trésorerie pour honorer salaires, dettes et services publics. Pour lui, le Cameroun emprunte à court terme à des taux élevés, comparable à un ménage qui vit de crédits renouvelables coûteux pour rembourser ses dettes. « Les conséquences se font déjà sentir : ralentissement de l’activité économique, baisse des recettes fiscales, contraction du crédit bancaire et pression sur le franc CFA ». La crise post-électorale agit selon Oumarou Sanda Awal, comme un multiplicateur : « les investisseurs locaux et étrangers retirent leurs capitaux, les banques locales limitent les prêts aux PME, et les importations vitales, comme le riz, le pétrole ou les médicaments, subissent des retards ».

Il souligne que le boycott diplomatique de la proclamation présidentielle par plusieurs chancelleries occidentales et institutions multilatérales entraîne la suspension des décaissements et des lignes de crédit, aggravant l’asphyxie financière. D’après ses affirmations, « les bailleurs attendent un interlocuteur légitime et un apaisement politique avant de libérer les fonds ». L’économiste poursuit: « La hausse du coût du financement, la chute des recettes douanières et le gel des financements extérieurs mettent le Trésor camerounais sous une pression inédite. L’inflation s’accélère et le marché parallèle des devises s’active, tandis que le risque social s’intensifie, les salaires et subventions étant difficiles à verser ».

Toutefois, craint-il, la population et les entreprises pourraient voir leurs revenus fragilisés si la situation perdure. Ce dernier propose donc trois scénarios envisageables : le premier, optimiste, suppose une médiation internationale et un apaisement politique rapide, permettant de restaurer la confiance et de relancer les flux financiers. Le second, intermédiaire, pourrait entraîner une croissance faible, une inflation persistante et un endettement à court terme croissant. Le troisième, pessimiste, verrait le Cameroun confronté à une quasi-faillite souveraine, avec un blocage prolongé des financements et une fuite massive de capitaux.

Pour éviter le pire, le membre de la société civile recommande plusieurs mesures : un geste politique d’apaisement, la libération des manifestants non violents, l’ouverture d’un dialogue inclusif et la médiation internationale. Sur le plan économique, un programme d’urgence avec les bailleurs, la restructuration de la dette et la transparence budgétaire totale sont essentiels. Il pense également que la société civile et la diaspora ont un rôle à jouer pour documenter la situation, soutenir le dialogue et limiter la panique financière.

H.T

 

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