Chantiers routiers: Près de 80 projets passés au peigne fin par MINTP
Entre exigences de résultats, contraintes de financement et défis sécuritaires, plusieurs chantiers stratégiques ont été évalués du 5 au 6 mai dernier à Yaoundé par les acteurs du secteur.
Sous la convocation du ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, les projets routiers en cours et programmés pour l’année 2026 ont fait l’objet d’une revue technique les 5 et 6 mai derniers à Yaoundé. Cette rencontre avec les acteurs du secteur a permis d’examiner près de 80 projets couvrant plusieurs milliers de kilomètres de routes à travers le pays.
Désormais régulier dans le secteur, l’exercice a réunit les administrations techniques, entreprises de travaux, missions de contrôle et autres acteurs impliqués dans la mise en œuvre des infrastructures routières. Cette session de mai était principalement consacrée aux projets du plan d’urgence triennal, aux programmes d’entretien du réseau routier ainsi qu’aux travaux de bitumage en cours sur plusieurs axes structurants. Au centre des échanges : l’état d’avancement physique et financier des chantiers, les contraintes rencontrées sur le terrain et les ajustements nécessaires pour respecter les délais contractuels.
Plusieurs projets de connectivité et de désenclavement ont ainsi été passés au peigne fin, parmi lesquels les axes Guidjiba–Tapare, Douala–Bonépoupa, Foumban–Koupamatait, Awae–Esse–Soa ou encore Ngaoundéré–Paro.
Les travaux de bitumage de la section Saotchai–Datcheka–Takréo–Yoldéo–Doukoula dans l’Extrême-Nord ont également été examinés, tout comme les projets d’entretien périodique Mboussa–Ngoro–Meiganga, Meiganga–Ngaoundéré et Ngaoundéré–Pont Maidikoum–Touboro. Dans l’Adamaoua, les réhabilitations des axes Bankim–Mayo Darlé–Banyo et Tibati–Pont Mbamti–Banyo figurent aussi parmi les chantiers suivis ; pour ne citer que ces cas.
Au cours des travaux, l’accent a été mis sur la nécessité d’améliorer l’efficacité du suivi des projets. Les responsables du secteur ont insisté sur le fait que la présence des entreprises sur les chantiers ne saurait suffire sans résultats visibles sur l’état des routes et la fluidité de la circulation.
Les échanges ont ainsi permis d’identifier plusieurs contraintes persistantes qui ralentissent l’exécution des travaux. Parmi les difficultés les plus fréquemment évoquées figurent les retards de paiement des décomptes dus aux entreprises. Cette situation continue d’affecter le rythme d’avancement de plusieurs projets, notamment dans les zones les plus éloignées.
Les questions sécuritaires demeurent également un frein important dans certaines régions, en particulier dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, où les conditions de travail restent compliquées pour les équipes techniques et les entreprises.
Les projets en attente de démarrage ont aussi occupé une place importante dans les discussions. Une attention particulière a été portée au respect des chronogrammes contractuels afin d’éviter les retards entre la signature des contrats et le lancement effectif des travaux. Les axes Ngaoundéré–Garoua et Edéa–Kribi ont notamment été évoqués parmi les projets nécessitant un suivi rapproché sur les délais de mobilisation.
Malgré ces contraintes, plusieurs chantiers affichent une évolution jugée satisfaisante. Des avancées ont notamment été relevées sur certains axes stratégiques comme Yaoundé–Douala et Edéa–Kribi, où les travaux se poursuivent progressivement.
Par Julien Efila

