Changements climatiques: L’Extrême-Nord sous le feu
La région est en alerte, car elle s’apprête à subir une vague de chaleur exceptionnelle. Les températures devraient atteindre des niveaux records, entre 40 et 46°C à partir du 19 février 2026. Cette situation est préoccupante surtout que la région est déjà vulnérable aux aléas climatiques et aux défis humanitaires.
L’Observatoire national sur le changement climatique (Oncc) lance une alerte pour la région de l’Extrême-Nord, qui s’apprête à subir une vague de chaleur intense à partir du 19 février 2026. Les températures pourraient atteindre 40 à 46°C, affectant durement les localités des départements du Logone et Chari, du Diamaré, du Mayo-Sava et du Mayo-Danay. C’est une situation très préoccupante qui s’annonce, avec des journées sous un soleil de plomb. Cette hausse de température va provoquer également, « une intensification progressive de la saison sèche, (…) et une augmentation de la concentration de poussière dans l’air », à en croire l’Oncc.
Dans la région sahélienne, la chaleur est déjà une réalité quotidienne. Les gens s’adaptent en organisant leurs activités tôt le matin ou tard le soir. Les points d’eau sont devenus des lieux stratégiques et l’ombre est précieuse. Mais avec des températures aussi élevées, l’équilibre entre les populations et leur environnement est menacé. Par conséquent les communautés rurales, qui dépendent de l’agriculture et de l’élevage, sont particulièrement vulnérables ; les cultures peuvent souffrir du stress thermique ; le bétail est exposé à la rareté de l’eau et du pâturage, aggravant les conditions de vie. Cette situation est préoccupante, car la région est déjà touchée par des évènements climatiques extrêmes.
« Cette situation appelle une vigilance accrue, à l’approche du jeûne du mois du Ramadan qui devrait débuter aux alentours du 19 février 2026, période durant laquelle les populations, notamment les personnes vulnérables et les travailleurs en extérieur sont davantage exposées à des risques de déshydrations, de fatigue thermique, de coups de chaleur et de troubles respiratoires. Sur le plan agro-pastoral, cette intensification de la saison sèche accentuera la raréfaction de l’eau, la dégradation des pâturages le stress hydrique des cultures et des risques sanitaires pour le cheptel », a affirmé l’Oncc. Les experts soulignent que la hausse des températures accentue les défis des populations.
Au-delà de l’urgence immédiate, cette vague de chaleur renvoie à une réalité plus profonde : celle d’un climat qui change et impose les nouvelles adaptations. Les saisons semblent moins prévisibles, les repères traditionnels s’effritent, et la nature, autrefois perçue comme un allié stable, devient parfois source d’incertitude. Les habitants évoquent un sentiment diffus, celui d’un monde où la chaleur gagne du terrain année après année. Dans les villages comme dans les centres urbains, la solidarité demeure un rempart essentiel. Partage de l’eau, entraide entre voisins, ajustement des horaires de travail : autant de stratégies qui témoignent d’une capacité d’adaptation forgée par l’expérience.
Face à ce contexte, les experts recommandent fortement d’éviter les expositions prolongées au soleil aux heures les plus chaudes ; d’adapter les activités quotidiennes aux périodes les moins chaudes de la journée ; d’assurer une hydratation suffisante durant les périodes autorisées ; de protéger les personnes vulnérables et de consulter les services de santé en cas de maladie ; de gérer avec prudence les ressources en eau et pastorales disponibles.
Diane Kenfack

