Centres DDR : Plus de 3500 ex-combattants démobilisés au 15 août 2025
S’imposant comme un acteur clé du retour à la paix et de la réintégration dans les zones en conflit au Cameroun, ces chiffres du CNDDR ont été dévoilés le 10 septembre à Yaoundé à l’occasion de la présentation du bilan des activités de cette institution depuis sept ans.
3595. C’est le nombre d’ex-combattants officiellement désarmés et démobilisés par le Comité national de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR). Ce chiffre bilan a été révélé à l’occasion de la célébration à Yaoundé, ce 10 septembre, des 7 ans d’activités de cette institution.
En sept années d’existence, l’institution affiche un bilan chiffré qui témoigne d’un travail de fond dans les zones affectées par les crises sociopolitiques et sécuritaires. Une dynamique, a-t-on appris sur place, marquée par une sensibilisation accrue, le dialogue communautaire, la diplomatie de proximité et le renforcement du développement local. Le Comité a ainsi su convaincre des milliers d’hommes, de femmes et même d’enfants à quitter les groupes dans lesquels ils se sont engagés volontairement pour certains et enrôlés de force pour d’autres et à accepter l’offre de paix du président de la République.
Le processus ne se limite pas uniquement au désarmement et à la démobilisation. La phase de réintégration étant devenue la pierre angulaire du programme. À Bamenda, dans le Nord-Ouest, au 15 aout 2025, le centre de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégrations(DDR) a reçu à date 173 hommes, 373 hommes, 111 femmes et 75 enfants. À Buea, dans la région du Sud-Ouest, l’établissement a vu passer 651 hommes, 30 femmes et 23 enfants. Et enfin à Mora, dans l’Extrême-Nord, zone fortement touchée par les exactions de la secte islamiste terroriste Boko Haram, le centre a accueilli à ce jour 645 hommes, 658 femmes et 1 020 enfants.
Dans ces établissements, les pensionnaires bénéficient d’un encadrement global, allant des formations professionnelles à l’appui psychosocial en passant par l’éducation formelle pour les plus jeunes. Mais surtout, ces centres mettent à la disposition des ex-combattants de nombreux outils et matériels, des moyens de production, ainsi que l’assistance à la création d’activités génératrices de revenus.
C’est dans cette dernière optique que la célébration placée sous le thème « Sept ans de croisade fructueuse pour la paix » a également été l’occasion pour le coordonnateur national de procéder à la remise de matériel de soutien aux centres et aux pensionnaires. Entre autres : des tricycles, des machines à coudre et des véhicules pick-up.
Créé par décret présidentiel le 30 novembre 2018, le CNDDR Elle a pour mission d’organiser, d’encadrer et de gérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants de Boko Haram et des groupes armés actifs dans les régions anglophones, qui acceptent de répondre favorablement à l’offre de paix du chef de l’État.
En sept ans, plus qu’un bilan, c’est une dynamique durable qui s’est mise en place. Le chemin vers la paix est long, mais le nombre d’ex-combattants démobilisés prouve que le pari du dialogue et de la réinsertion est possible.
Julien Efila

