Cemac : Le rapatriement des devises relancé au sommet de Brazzaville

Réunis en session extraordinaire le 22 janvier 2026, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont placé le retour des avoirs publics et des recettes d’exportation au cœur de la réponse à la fragilité financière de la sous-région.

Face à une situation économique jugée préoccupante, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont sonné l’heure d’un recentrage financier. Réunis le 22 janvier 2026 à Brazzaville, sous la présidence de Denis Sassou-Nguesso, ils ont appelé à des mesures « urgentes et vigoureuses », parmi lesquelles figure en bonne place le rapatriement des avoirs détenus à l’extérieur de la zone communautaire, ainsi que les recettes d’exportation des entreprises, en particulier celles du secteur extractif.

Cette orientation forte découle du rapport présenté par le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), qui a dressé le tableau d’un environnement marqué par des tensions persistantes sur les réserves et des marges budgétaires limitées. Pour lui, le contexte et les perspectives appellent des mesures urgentes et vigoureuses. Raison pour laquelle il appelle au renforcement de la discipline collective pour consolider la position extérieure de la zone.

Dans le même esprit, le président de la Commission de la Cemac, Baltasar Engonga Edjo’o, a rappelé que plusieurs décisions antérieures tardent encore à produire leurs effets. Il a insisté sur la nécessité de mieux exécuter les réformes déjà actées, notamment celles issues des sommets de décembre 2024 et de septembre 2025. Le Fonds monétaire international, par la voix de l’administrateur du Groupe Afrique III, a pour sa part encouragé les États à poursuivre l’assainissement des finances publiques « dans une approche coordonnée ».

Au cœur des prescriptions figure ainsi le rapatriement effectif des ressources financières. Pour les chefs d’État, il s’agit d’un levier essentiel pour renforcer la liquidité régionale et soutenir les économies. La Conférence a également demandé d’accélérer les discussions avec les entreprises extractives afin de faire revenir les fonds destinés à la restauration des sites pétroliers, souvent logés hors de la zone. À court terme, les dirigeants ont aussi insisté sur la cohérence entre lois de finances et engagements internationaux, la transparence des données budgétaires et la modernisation de la gestion publique.

À moyen terme, ils ont appelé à un secteur bancaire plus solide et à un rôle accru de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale dans la transformation économique. Pour assurer le suivi, assurent les Chefs d’Etats, le Programme des réformes économiques et financières de la Cemac sera renforcé, avec des évaluations trimestrielles annoncées dès le premier trimestre 2026. « La crédibilité de notre action dépendra de notre capacité à appliquer ces décisions », a rappelé Denis Sassou-Nguesso en clôturant les travaux.

Déjà, ces mesures suscitent débats et attentes dans l’opinion. Des experts économiques livrent leurs analyses sur les enjeux et les chances de succès du rapatriement des avoirs au sein de la Cemac.

 

Hélène Tientcheu

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