Candidature consensuelle de l’opposition: Cabral Libii conteste le choix porté sur Issa Tchiroma
Le président du PCRN rejette la désignation du leader du FSNC comme candidat consensuel de l’opposition, révélant les profondes divisions qui minent encore le camp opposé à Paul Biya à moins d’un mois de la présidentielle du 12 octobre prochain.
Invité sur les antennes de Radio France Internationale (RFI) le 17 septembre dernier, Cabral Libii a balayé d’un revers de main l’annonce de la désignation d’Issa Tchiroma Bakary comme candidat consensuel de l’opposition à la présidentielle du 12 octobre prochain. Pour le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), cette initiative de l’Union pour le changement 2025 est un non-événement. « Le mot consensus signifie accord de volonté », a-t-il indiqué.
Allant plus loin dans sa critique, il fustige « l’incapacité des trois candidats septuagénaires », en l’occurrence Issa Tchiroma, Bello Bouba Maïgari (UNDP) et Akere Muna, à s’entendre entre eux. « Nous sommes 12 candidats et je fais partie des cadets… que les trois septuagénaires qui viennent juste avant le nonagénaire [en référence à Paul Biya, 92 ans] s’entendent d’abord, qu’ils coalisent entre eux d’autant plus que deux sont issus du même département », va-t-il ajouter. Une pique qui n’a pas été du goût de Tchiroma, lequel a réagi sur le même média en appelant Cabral Libii « à plus de respect » et au sens des responsabilités, face aux enjeux historiques de cette élection.
Au-delà du duel verbal entre les deux hommes, le rejet de cette désignation va bien au-delà. D’autres candidats, à l’instar de Patricia Ndam, de l’UDC, dénoncent ce choix qu’elle dit avoir été imposé à l’opposition. « Il ne faut pas imposer ou encore faire croire au peuple camerounais qu’il s’agit du candidat consensuel », a-t-elle déclaré. Mieux encore, aucun des autres candidats d’opposition officiellement engagés dans la course n’a adhéré ouvertement à la démarche de l’Union pour le changement 2025.
Des signataires fantômes
En plus, s’il est certes vrai que le MANIDEM d’Anicet Ekane et le MDI de Djeukam Tchameni sont les initiateurs de cette plateforme regroupant 21 partis politiques et 21 associations de la société civile qui avaient désigné Issa Tchiroma comme étant le candidat du consensus de l’opposition le 13 septembre à Yaoundé, et qu’à leurs côtés, on retrouve des partis comme le PDCC d’Atemengue Essomba, le FRC de Véronica Tita, le PRAC de Kevin Tsoungui, le PRPC d’Ahmadou Sidiki ou encore l’UNRA de Felix Ligom, force est également de constater qu’une grande partie de ces formations ne sont pas reconnues par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT).
Selon les données officielles du MINAT, plusieurs des partis signataires, dont le METD, le PMIS, le MPC, le PRES, le MNPC ou encore le PRRC ne figurent pas parmi les 371 formations légalement constituées dans le pays. Une irrégularité qui remet en question la crédibilité juridique et politique de cette coalition.
Du côté des 21 associations de la société civile, le constat est tout aussi préoccupant : la majorité ne dispose d’aucun enregistrement officiel, ce qui affaiblit davantage le socle sur lequel repose cette initiative.
À quelques jours du scrutin présidentiel, cette tentative de désignation d’un candidat unique, loin de rapprocher les forces de l’opposition, semble plutôt accentuer leur morcellement. Dans ce contexte, Paul Biya, malgré son âge avancé et près de 43 ans au pouvoir, pourrait une fois encore bénéficier de la désunion chronique de ses adversaires, dans une élection où l’unité aurait pu faire basculer l’histoire.
Julien Efila

