Campagne cacaoyère 2024-2025: 300 000 tonnes de fèves commercialisées

Tirée par une hausse de la production de 13 % et des prix bord champ atteignant jusqu’à 5 000 F CFA le kilogramme, la filière cacao vient de signer une campagne historique.

Le cacao camerounais confirme sa montée en puissance. Pour la première fois depuis des années, le pays a franchi le seuil symbolique des 300 000 tonnes de cacao commercialisées en une campagne. Selon les données officielles, le volume est passé de 266 710 tonnes en 2023/2024 à plus de 309 518 tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 42 808 tonnes en valeur absolue, correspondant à une progression de 13 % en valeur relative.

Ce succès a été au cœur de la cérémonie de lancement officiel de la campagne cacaoyère 2025/2026, présidée le 7 août 2025 par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, dans la localité de Mbankomo, département de la Mefou-et-Akono, région du Centre. Le ministre s’est félicité des résultats obtenus au cours de l’exercice écoulé, tout en appelant à redoubler d’efforts pour maintenir cette dynamique. « Le franchissement du cap des 300 000 tonnes est la preuve que notre cacao a retrouvé toute sa vigueur. C’est le fruit d’un travail collectif, d’une politique volontariste et d’une volonté de mieux valoriser notre agriculture », a-t-il déclaré.

La campagne 2024/2025 a également été marquée par une forte valorisation du cacao camerounais sur le marché intérieur. Les prix bord champ ont oscillé entre 3 200 et 5 000 F CFA le kilogramme, une fourchette particulièrement favorable aux producteurs, qui ont vu leurs revenus significativement augmenter. Dans certaines zones de production comme le Sud-Ouest, le Centre ou l’Est, le prix plafond de 5 000 F CFA/kg a été atteint, du jamais-vu dans la filière.

Cette hausse des prix est le reflet de plusieurs facteurs : la bonne tenue des cours mondiaux, la forte demande en cacao de qualité, mais aussi la stratégie du gouvernement visant à assurer une meilleure transparence dans la commercialisation. La limitation du rôle des intermédiaires, la promotion des ventes groupées via les coopératives, ainsi que le développement de centres d’achat directs ont contribué à améliorer la compétitivité du cacao camerounais tout en garantissant un meilleur partage de la valeur.

La performance enregistrée ne tient pas du hasard. Elle résulte d’un processus de structuration engagé depuis plusieurs années : renforcement des capacités techniques des producteurs, promotion de bonnes pratiques agricoles, soutien à la certification, lutte contre la contrebande, amélioration des infrastructures post-récolte, etc. Les autorités ambitionnent désormais de consolider ces acquis en accompagnant davantage les producteurs, notamment à travers l’accès facilité aux intrants de qualité, la mécanisation progressive des plantations et la transformation locale du cacao. L’enjeu est de taille : faire du cacao camerounais un produit à forte valeur ajoutée, reconnu non seulement pour son volume mais aussi pour sa qualité.

Le lancement de la campagne 2025/2026 intervient donc dans un contexte de confiance et de croissance. Le ministre du Commerce a insisté sur la nécessité d’« aller encore plus loin », en visant non seulement un nouveau record de production, mais aussi une amélioration continue des revenus des producteurs. Il a également appelé les différents acteurs de la chaîne à s’engager pleinement pour la compétitivité durable du cacao camerounais.

Par Julien Efila

 

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