Cameroun: Le Rapport de la Banque Mondiale qui accuse la gouvernance  

Les auteurs de cette étude pointent une croissance économique soutenue qu’a connu le pays depuis de nombreuses années, mais qui n’a pas été suffisamment inclusive. Pour ce faire, le gouvernement doit, non seulement accentuer la lutte contre la corruption, mais aussi améliorer le climat des affaires. Selon le rapport, le changement climatique est une menace pour le développement du pays et ses conséquences sont déjà ressenties par les couches les plus vulnérables. L’étude formule des recommandations pour une amélioration de la politique climatique.

1,53 million d’hectares de forêts détruits en 20 ans

Deux décennies de données indiquent l’existence d’un processus de déforestation inquiétant au Cameroun, ainsi que dans le bassin du Congo, Selon le Rapport 2024 alarmiste commis par des experts du Groupe de la Banque Mondiale, il ya une corrélation entre climat et développement. Au Cameroun comme dans de nombreux pays africains, la structure économique est marquée par une forte prévalence des inégalités. Ces dernières ne peuvent être combattues que par une transformation structurelle de l’économie.

Selon les données concernant les deux dernières décennies, les écosystèmes terrestres les plus précieux d’Afrique centrale ont subi des dommages de façon persistante. Notamment au Cameroun où les tendances de perte du couvert forestier indiquent une perte d’environ 1,53 million d’hectares entre 2001 et 2020, parmi lesquels 47% se sont produits dans les forêts primaires. La principale cause directe de perte de forêts est l’expansion de l’agriculture commerciale, dont les effets sont intensifiés par le défrichement à des fins de petite agriculture, les activités d’extraction, et les routes et d’autres infrastructures, des liens complexes existant entre ces différentes causes. A Ebo, la cause principale est la production d’huile de palme et de maïs.

A Campo, c’est l’expansion urbaine, les infrastructures et la plantation de palmier à huile. Dans le paysage du Trinational de Dja-OdzalaMinkebe (TRIDOM), il s’agit de l’exploitation minière, des infrastructures routières/ferroviaires et du bois. Dans le Grand Mbam, c’est le bois et le cacao. Enfin, dans le Nord, c’est le coton, les cultures vivrières, le bois de feu et la transhumance. Les données récentes présentent un signal particulièrement inquiétant : le changement climatique devient une cause grandissante de perte des forêts parce qu’il accroît leur exposition aux sécheresses, aux incendies, aux tempêtes et aux épidémies de ravageurs. Avec un triste record en 2021 où le Cameroun s’est classé septième sur la liste des pays présentant les taux les plus élevés de déforestation au monde (89 000 ha), après la République démocratique du Congo, qui occupait la deuxième place (500 000 ha).

500 000 hectares

Le Rapport note que les forêts tropicales humides occupent une place particulièrement importante dans la réalisation des objectifs mondiaux. Leur végétation et leurs sols séquestrent de grandes quantités de carbone et abritent une part disproportionnément élevée des espèces végétales et animales du monde. Les forêts jouent un rôle d’appui important à l’économie nationale du Cameroun en générant des précipitations et en régulant les flux d’eau de surface qui sont importants pour la production agricole, la production d’énergie hydroélectrique et l’approvisionnement en eau des municipalités. Les forêts sont également essentielles au bien-être de certaines des populations autochtones et des communautés locales les plus vulnérables dont les moyens de subsistance et l’intégrité culturelle sont menacés par la perte des forêts.

Les forêts et les ressources naturelles peuvent être gérées de façon durable, comme le souligne la SND30. De nombreuses causes de perte des forêts peuvent changer sur le court terme. Par exemple, une part importante de la perte de forêts est due à des activités illégales telles que le défrichement à l’intérieur d’aires protégées et pourrait être résolue par une plus grande application de la loi. Bon nombre des produits de base cultivés aux dépens des forêts (parmi lesquels le palmier à huile, le cacao, le caoutchouc, le café et la fibre de bois arrivent en tête de liste), ainsi que le bois d’exploitation illégale sont commercialisés à l’échelle mondiale

Evariste Menounga

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