Calendrier électoral: Paul Biya évoque un «léger réajustement»

Dans son discours à la jeunesse du 10 février, le président de la République a annoncé la possibilité d’un glissement dans l’organisation des élections législatives et municipales, tout en assurant le respect strict du cadre légal.

Face à la jeunesse, à l’occasion de son discours du 10 février 2026, le président de la République, Paul Biya, a ouvert la voie à un nouvel ajustement du calendrier électoral. Évoquant la tenue prochaine des élections législatives et municipales, le chef de l’État a indiqué que « le calendrier afférent à ces dernières devrait, au vu de certaines contraintes impérieuses, connaître un léger réajustement ».

Sans préciser la nature exacte de ces « contraintes impérieuses », le chef de l’État a toutefois tenu à rassurer quant au respect du cadre juridique en vigueur. Cette déclaration intervient dans un contexte institutionnel marqué par la fin imminente du mandat des députés, fixée au 30 mars 2026, alors même que la prochaine session parlementaire est convoquée pour le 10 mars.

Cette annonce alimente les spéculations sur un possible nouveau report des élections législatives, après celui déjà intervenu en 2025. Initialement attendu à échéance en février 2025, le mandat des députés avait été prorogé par le texte du 24 juillet, fixant la nouvelle date d’expiration du 10 mars 2025 au 30 mars 2026.

L’hypothèse d’un second report soulève des interrogations d’ordre juridique et politique. En l’absence d’une nouvelle prorogation formellement adoptée, la convocation du corps électoral devrait intervenir conformément aux dispositions du Code électoral. L’article 148 de ce dernier dispose en effet que « l’élection a lieu au plus tard quarante jours avant l’expiration du mandat des députés ». En d’autres termes, pour respecter les délais légaux, le scrutin devrait être organisé avant la fin mars, impliquant une convocation du corps électoral en amont de la session parlementaire prévue le 10 mars.

Le flou entretenu autour des « contraintes impérieuses » mentionnées par le chef de l’État nourrit les analyses. S’agit-il de considérations logistiques liées à l’organisation simultanée de deux scrutins majeurs ? De difficultés budgétaires ? De contraintes sécuritaires dans certaines régions du pays ? Ou encore d’un impératif d’harmonisation technique des calendriers électoraux ? À ce stade, aucune précision officielle n’a été apportée.

Sur le plan institutionnel, toute prorogation du mandat des députés suppose un fondement légal clair, voire une intervention du législateur, afin d’éviter toute contestation. Le président a d’ailleurs pris soin d’insister sur le respect « des dispositions pertinentes de nos lois, et tout particulièrement de la Loi fondamentale », suggérant que toute décision s’inscrirait dans les mécanismes prévus par la Constitution.

Politiquement, ce possible réajustement s’inscrit dans une séquence plus large de renouvellement des institutions. Le chef de l’État a également évoqué le renouvellement en préparation des dirigeants des sociétés d’État ainsi que la formation du prochain gouvernement, très attendue. Autant d’échéances qui participent d’un moment charnière du cycle politique national.

Pour l’opposition et une partie de la société civile, la répétition des reports pourrait être perçue comme un affaiblissement du rythme démocratique, même si les autorités mettent en avant la nécessité d’agir dans le respect du droit. Le précédent de 2025, justifié par des considérations d’harmonisation des mandats, avait déjà suscité des débats nourris sur l’opportunité et la légalité d’une prorogation.

Par J.E

 

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