Cacao-café: 4 milliards du Fodecc pour doper les filières
Financée par le Cafi, cette cagnotte consacre une répartition différenciée des appuis, avec 60 % des financements alloués au cacao, soit 2,4 milliards contre 40 % au café, soit 1,6 milliard FCFA.
4 milliards de FCFA. C’est avec cette enveloppe conséquente que le Fonds de développement des filières cacao-café (FODECC) a officiellement lancé la campagne des subventions 2025-2026.Marquant une nouvelle étape dans le soutien direct aux producteurs de cacao et de café au Cameroun, l’annonce a été faite le 26 janvier dernier par l’administrateur du Fonds, Samuel Donatien Nengue.
Financée par l’Initiative pour les Forêts de l’Afrique centrale (Cafi), cette cagnotte est répartie de manière différenciée entre les deux filières : 60% pour le cacao, soit 2,4 milliards FCFA, et 40% pour le café, soit 1,6 milliard FCFA. Cette année, la part allouée à la filière café a considérablement évoluée, traduisant, en réponse aux besoins croissants exprimés par les producteurs et à la volonté des pouvoirs publics de redynamiser une filière longtemps en retrait.
En effet, à peine lancée, la campagne caféière enregistre déjà ses premiers décaissements. Selon le Fodecc, un peu plus de 1% de l’enveloppe globale était déjà consommé au 26 janvier 2026, signe d’un engouement rapide des producteurs. Les demandes sont traitées selon le principe du « premier arrivé, premier servi », et la campagne restera ouverte jusqu’à l’épuisement total du budget.
Autre indicateur scruté de près : la participation des femmes, qui représente 37% des bénéficiaires à ce stade, contre 62% pour les hommes, en ligne avec les objectifs d’inclusion fixés dans le cadre du guichet producteurs.
Sur le plan géographique, la campagne couvre plusieurs bassins agricoles clés. Sont concernées le Nyong-et-Mfoumou dans la région du Centre, l’ensemble du Grand Sud, une partie de l’Ouest, les départements de la Mémé et du Lebialem dans le Sud-Ouest, Mentchum et Mbui dans le Nord-Ouest, ainsi que toute la région de l’Est. Cette couverture vise à toucher les principales zones de production, tout en tenant compte des réalités agro-écologiques et logistiques.
La campagne n’est toutefois pas exempte de défis. Des difficultés d’enregistrement sont signalées dans certaines zones dites « black zones », où la présence des partenaires techniques et financiers du Fodecc reste insuffisante. L’absence ou la faiblesse du maillage des agro-dealers et des établissements de microfinance ou banques complique l’accès de certains producteurs au dispositif, poussant le Fonds à intensifier les actions de sensibilisation et de mobilisation des acteurs locaux.
Pour rappel, le guichet producteurs, lancé en 2021, constitue l’un des piliers du mécanisme de subventions du Fodecc. Il permet aux producteurs de cacao et de café d’accéder directement aux appuis publics, sous réserve de l’enregistrement de leurs données et du dépôt d’une quote-part de 60% de l’investissement dans une institution financière. En contrepartie, ils bénéficient d’une subvention représentant 30 à 40%, matérialisée par un bon d’achat destiné à l’acquisition de plants, d’intrants, de produits phytosanitaires, d’équipements ou encore d’infrastructures de production.
Les résultats passés plaident en faveur du dispositif. En 2023, le Fodecc a injecté 6,3 milliards FCFA de subventions, générant un chiffre d’affaires estimé à 15,8 milliards FCFA pour les producteurs bénéficiaires. À terme, le guichet producteurs ambitionne de mobiliser 50 milliards FCFA en cinq ans pour transformer durablement les filières cacao et café.
Par Julien Efila

