C2D: 03 milliards Fcfa dédiés aux formations professionnelles
Construit sur financement Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), le Centre de Formation Professionnelle de Bertoua a une capacité maximale d’accueil annuel de 200 jeunes apprenants désireux de formaliser leurs compétences et propose des formations initiales et continues en transformation du bois, énergie renouvelable et métiers agroalimentaires.
Une vingtaine d’apprenants suivent actuellement leur parcours au Centre de formation aux métiers (CFM) de Bertoua, implanté à Mandjou, Nombre d’entre eux sont formés en transformation et conservation des produits végétaux. D’autres sont engagés dans la filière énergie renouvelable et électromécanique, avec les besoins énergétiques de la région comme motivation. Et de fait, plusieurs localités n’ont pas d’électricité. Avec le solaire, on peut les alimenter, l’objectif étant d’aider les villages de l’Est.
Il faut rappeler que le CFM de Bertoua qui est financé à 100 % par le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) pour un montant d’environ 3 milliards de FCFA, est présenté comme un levier de structuration des compétences dans une région où l’emploi des jeunes reste majoritairement informel. Construit sur plus de 11 hectares, dont 6 hectares de surface utile, il propose des formations en transformation animale et halieutique, transformation végétale, transformation du bois et électromécanique.
Le site comprend dix bâtiments — blocs administratifs, salles de cours, showroom, auditorium — ainsi que cinq ateliers dédiés aux différentes filières. Plus de 98 % des travaux sont achevés et la réception officielle est annoncée d’ici la fin de l’année. Cinq marchés sont en cours d’exécution pour équiper les ateliers et assurer l’électrification du centre, avec une livraison prévue en décembre 2025.
A plein régime, le centre pourra accueillir annuellement près de 200 apprenants et proposera des formations initiales et continues, en présentiel, à distance, en cours du jour, du soir ou en alternance. Les filières ciblent des métiers directement liés au tissu productif local : opérateur de transformation des produits animaux (OTPA), opérateur de transformation des produits végétaux (OTPV), menuisier-ébéniste, charpentier, conducteur d’opérations de scierie ou affûteur.
Capacités productives
Cadre de formation futuriste, le CFM est structuré comme un espace socio-économique. Les ateliers seront ouverts aux opérateurs locaux moyennant un paiement symbolique. Le showroom permettra la commercialisation des productions des apprenants, instituant un lien fonctionnel entre formation et marché. L’établissement devient ainsi un instrument d’intégration économique, renforçant les capacités productives d’une région au potentiel immense mais sous-exploité.
Atout majeur, relève le rapport 2022 de l’Institut National de la Statistique (INS), la région de l’Est affiche 62,8% d’emploi et est dominée par les secteurs primaires et informels, mais avec faible durée moyenne (3 ans 6 mois) et avec 9,8% d’enfants non qualifiés employés. L’Est présente également un taux de pauvreté de 30 % selon l’ECAM 4, inférieur au seuil national (37,5 %).
Outil de développement majeur, le projet de CFM de Bertoua s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui cible l’adéquation formation-emploi comme pilier de transformation structurelle. Au niveau national, la formation professionnelle encadre plus de 300 000 jeunes par an via le MINEFOP, les chambres consulaires et les organisations professionnelles.
En 2022, le taux d’insertion des sortants s’établissait à 41,7 %, avec une employabilité supérieure pour les métiers techniques — bois, agro-industrie, maintenance — en lien direct avec les besoins des entreprises locales. Dans cette région riche en ressources mais caractérisée par une industrialisation sommaire et un accès limité à l’énergie, le CFM de Bertoua matérialise un investissement stratégique orienté vers la transformation locale, la montée en compétences et l’entrepreneuriat productif.
EM

