Budget 2026: 8 816,4 milliards, équilibré en recettes et dépenses
Déposé dans la nuit du 26 novembre 2025 par le gouvernement, le projet de loi de finances pour l’exercice 2026, en augmentation de 1 014,9 milliards Fcfa, été adopté à l’unanimité par le Parlement cinq jours après.
C’est un budget de l’Etat équilibré en recettes et dépenses à 8 816,4 Fcfa qui a été adopté le 30 novembre 2026 par l’Assemblée nationale, au terme de cinq jours de débats. En augmentation de 14% par rapport à 2025, soit 1 014,9 Fcfa, le nouveau budget est la traduction des ambitions budgétaires affichées pour le début du septennat. Les Comptes d’affectation spéciale (CAS) sont, eux, projetés à 132,5 milliards de Fcfa, presque doublés en un an (+98,1 %) après 65,6 milliards de Fcfa en 2025.
Cette forte hausse des CAS tient à la création d’un Fonds spécial pour le soutien de l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes, pourvu à hauteur de 50 milliards de Fcfa, en conformité avec les engagements pris par le chef de l’État lors de sa prestation de serment.
Il s’agit d’un budget en cohérence avec la SND30 dont l’évaluation des recettes et des dépenses pour 2026 fait ressortir un solde budgétaire déficitaire de 631 milliards de Fcfa. En y ajoutant d’autres charges de financements, le besoin global de financement de l’État pour 2026 atteint 3 104,2 milliards de Fcfa. Pour ce faire, le gouvernement compte recourir aux prêts des bailleurs de fonds internationaux et aux levées de ressources sur le marché sous régional des capitaux.
Le budget prévoit ainsi des tirages de 826,7 milliards de Fcfa sur les prêts projets, des emprunts extérieurs pour 1 000 milliards de FCFA, des financements dits exceptionnels de 167,8 milliards de Fcfa et des appuis budgétaires à hauteur de 120 milliards de Fcfa. S’y ajoutent des emprunts bancaires de 589,7 milliards de Fcfa et des émissions de titres publics sur le marché monétaire pour un montant total de 400 milliards de Fcfa.
Nouveaux emprunts
Concernant la structuration du budget général 2026, il y a lieu de relever que les recettes internes sont évaluées à 5 887,0 milliards, en hausse de 452,2 milliards (8,3%) par rapport à 2025. Elles se répartissent ainsi qu’il suit : recettes pétrolières + gaz (523,7 milliards) ; recettes fiscales et douanières (4 889,5 milliards) ; recettes non fis cales (400,0 milliards) et enfin, dons (73,8 milliards) ¬ Les dépenses budgétaires hors principal de la dette s’élèvent à 6 210,5 milliards en 2026. Elles connaissent une augmentation de 564,2 milliards (10,0%) par rapport à 2025. Elles sont ventilées par grandes masses comme suit : dépenses de personnel (1 625,4 milliards) ; biens et services (1 206,0 milliards) ; transferts et subventions (820,3 milliards) ; intérêts de la dette (532,5 milliards) ; dé penses d’investissement (2 026,3 milliards).
Avec ces nouveaux emprunts, se profile le risque d’alourdir un endettement déjà jugé à risque, le Cameroun étant classé parmi les pays présentant un risque de surendettement élevé par la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international. Toutefois, selon ses projections du gouvernement, le niveau d’endettement du Cameroun en 2026 devrait rester largement en deçà du seuil de tolérance de 70 % du PIB retenu dans les critères de surveillance multilatérale de la Cemac, l’espace communautaire qui regroupe six pays d’Afrique centrale.
L’enjeu principal du budget 2026 réside dans son exécution, notamment la capacité à mobiliser, à coût soutenable, les 3 104,2 milliards de Fcfa de financements prévus ; la maîtrise de la dynamique de la dette dans un contexte de risque déjà élevé et la traduction concrète, sur l’emploi et le tissu productif des choix d’allocation, notamment en faveur des femmes et des jeunes.
Evariste Menounga

