Budget 2025: L’Etat mobilise 1 507 milliards au 1er semestre
Selon la Direction générale du budget ces ressources budgétaires sont en recul de 54 ;4 milliards de FCFA par rapport au premier trimestre 2024.
Au terme du premier trimestre 2025, les ressources budgétaires totales mobilisées s’élèvent à 1 507,7 milliards. Elles enregistrent un recul de 54,4 milliards (-3,5%) par rapport au premier trimestre 2024 du fait de la baisse aussi bien des recettes internes (-12,4 milliards) que des emprunts et dons (-42 milliards). Par rapport à l’objectif fixé de 1 834,6 milliards sur la période, le taux de réalisation est de 82,2%.
Les recettes budgétaires internes recouvrées sont de 1 186,7 milliards, en baisse de 1,0%. Les recettes internes affichent un taux de réalisation de 85,6%. Les recettes pétrolières recouvrées se chiffrent à 151 milliards, en baisse de 16,4 milliards. Les recettes non pétrolières passent de 1 031,7 milliards à fin mars 2024 à 1 035,7 milliards.
Les emprunts et dons décaissés s’élèvent à 321,0 milliards à fin mars 2025, contre 363,0 milliards un an plutôt. Le Trésor public a procédé à des émissions nettes des titres publics de 113,2 milliards, en hausse de 62,5 milliards (+123,5%) par rapport au premier trimestre 2024.
Par rapport au cumul au 31 mars 2024, les dépenses budgétaires totales ordonnancées baissent de 375,2 milliards (-28,2%) pour se chiffrer à 957,5 milliards à fin mars 2025. Les dépenses courantes hors intérêts baissent de 228,8 milliards (-30,5%) pour se situer à 520,2 milliards à fin mars 2025. Les dépenses d’investissement diminuent de 81,4 milliards pour se situer à 118,8 milliards à fin mars 2025. Le taux d’exécution des dépenses courantes est de 14,7% et celui des dépenses d’investissement, 7,2%.
Le service de la dette publique se situe à 298,3 milliards à fin mars 2025. Son taux d’exécution est de 14,4%, celui du service de la dette extérieure, de 27,8% tandis que celui du service de la dette intérieure est de 3,3%. Tous les soldes budgétaires sont excédentaires. Le solde budgétaire global se situe à 431,3 milliards. Les excédents du solde primaire et du solde primaire non pétrolier sont respectivement de 520,8 milliards et de 369,9 milliards. Tous les soldes budgétaires sont excédentaires. Le solde budgétaire global se situe à 431,3 milliards. Les excédents du solde primaire et du solde primaire non pétrolier sont respectivement de 520,8 milliards et de 369,9 milliards.
Révision du budget 2025
L’ordonnance envisagée révise le niveau du budget de l’Etat de 2025 à la hausse à 7 735,9 milliards dont 7 669,9 milliards pour le budget général et 66,9 milliards pour les Comptes d’Affectation Spéciale ; soit une augmentation 418,2 milliards (+5,7%).
Le budget général de l’État augmente de 418,2 milliards par rapport au niveau initial de 7 250,8 milliards. Les recettes internes et dons de la loi de finances initiale (LFI) sont revues à la baisse de 113,3 milliards (-2,0%) pour revenir à 5 434,8 milliards. Les grandes catégories qui les composent sont : recettes pétrolières : 641,5 milliards contre de 734,8 milliards dans la LFI. La redevance SNH passe de 570,2 milliards en LFI à 495,5 milliards, en lien avec la baisse de la production de pétrole brut et de gaz conjuguée à la baisse des cours du pétrole brut ; recettes des impôts et taxes : 3 205,6 milliards contre 3 217,8 milliards dans le budget initial ; recettes douanières : 1 136,2 milliards contre 1 144,0 milliards en LFI ; recettes non fiscales : 361,1 milliards comme dans le budget initial ; dons : 90,4 milliards comme dans le budget initial.
Les charges du budget général sont modifiées ainsi qu’il suit : les dépenses budgétaires (hors principal de la dette) ont été révisées à la hausse de 82,8 milliards à 5 646,14 milliards contre 5 563,6 milliards dans la LFI ; les dépenses de personnel : 1 566,6 milliards contre 1 586,6 milliards dans la LFI ; les dépenses de biens et services : 1 075,3 milliards contre 1025,3 milliards dans la LFI. Cette augmentation de 4,9% prend en compte le paiement par l’Etat de la dette d’ENEO vis-à-vis de
GLOBELEC, les projets du secteur de la santé initialement finances par les fonds de l’USAID, et le renforcement de la provision des reports à hauteur de 5 milliards ; les transferts et subventions : 931,8 milliards contre 920,8 milliards dans le budget initial. Cette augmentation de 11 milliards est justifiée par le relèvement des manques à gagner tarifaires sur le prix de l’électricité pour 20 milliards, la constitution d’une provision de 01 milliard au titre de l’appui aux ADC pour la réhabilitation de l’aéroport de Garoua, et la réalisation des économies budgétaires sur le poste des pensions pour 10 milliards ; les dépenses d’investissement sur ressources propres : 945,8 milliards contre 891,8 milliards dans le budget initial 2025.
Cette augmentation de 54 milliards prend en compte le rachat des actions de la SODECOTON détenues par le Groupe GEOCOTON pour 46 milliards et le renforcement des ressources allouées à la réhabilitation des voiries urbaines à hauteur de 33 milliards ; les dépenses d’investissement sur financement extérieur : 693,4 milliards contre 758,4 milliards dans le budget initial 2025 ; soit une baisse de 65 milliards pour tenir compte des capacités d’absorption des FINEX au regard des performances antérieures et de l’exécution à mi-parcours ; Intérêt de la dette : 431,0 milliards, contre 378,2 milliards dans la loi de finances initiale 2025, soit une augmentation nette de 52,8 milliards justifiée par les commissions et décotes liées à la levée des fonds sur le marché domestique et à l’international qui se chiffre à 100 milliards.
Caisses d’affectation spéciale
Le budget des Caisses d’affectation spéciale (CAS) est resté inchangé dans le projet d’ordonnance à 66,9 milliards. Le déficit budgétaire se chiffre à 303,9 milliards contre 107,8 milliards dans la LFI. Au total, les besoins de financement de l’Etat en 2025 sont de 2 326,5 milliards contre 1 795,0 milliards en LFI.
Pour combler ses besoins de financement, l’Etat entend mobiliser : les prêts projets : 775,0 milliards contre 840,0 milliards en LFI ; soit une baisse 65 milliards correspondant à la réduction des dépenses d’investissement sur ressources extérieures ; appuis budgétaires du PEF : 214 milliards contre 165,0 milliards en LFI, soit une augmentation de 49,0 milliards liée au glissement des appuis budgétaires du FMI (45 milliards) et la revalorisation de celui de la Banque Mondiale (4 milliards).
– Financement exceptionnel des bailleurs : 217,4 milliards contre 189,4 milliards dans la loi de finances initiale 2025, en augmentation de 28 milliards, correspondant au report de la deuxième moitié du décaissement du FMI dans le cadre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) : émission des titres publics : 350 milliards contre 380 milliards dans loi de finances initiale, du fait des conditions financières défavorables sur le marché domestique ; financement bancaire : 440,1 milliards contre 220,6 milliards en LFI, justifie par la programmation d’un prêt direct de 250 milliards auprès des banques locales, avec une garantie d’AFREXIMBANK : emprunt extérieur : 330 milliards, nouveau financement qui n’était pas prévu dans la LFI.
Maixent Fegue

