Bauxite de Minim Martap: 07 locomotives pour lancer la machine
Annoncée par le Minmidt, la réception, le 19 juin dernier à Douala, de ces engins sur les 22 prévues pour le projet, marque le lancement de la première phase du déploiement de la chaîne logistique ferroviaire, une étape déterminante en prélude aux premières exportations de minerai attendues au quatrième trimestre 2026.
Sept locomotives flambant neuves sont désormais stationnées au Port de Douala. Derrière ces mastodontes d’acier se joue bien plus que l’arrivée d’un nouveau matériel ferroviaire : c’est toute la chaîne logistique du projet de bauxite de Minim Martap qui prend progressivement forme, à quelques mois des premières exportations annoncées.
Réceptionnées le 19 juin 2026, ces locomotives constituent la première tranche d’une commande globale de vingt-deux unités destinées au transport du minerai entre le site d’exploitation du minerai situé dans la région de l’Adamaoua et le Port de Douala. L’opération a été réalisée dans le cadre du partenariat réunissant CAMALCO, CAMRAIL, AGL Cameroun et le Terminal bois du Port de Douala.
L’arrivée de ces équipements représente bien plus qu’une simple livraison de matériel ferroviaire. Elle traduit l’entrée du projet dans une phase opérationnelle où les investissements réalisés commencent à produire des effets visibles sur le terrain. Une fois mises en service, ces locomotives permettront d’assurer l’acheminement de convois de bauxite vers les installations portuaires, avec une capacité de transport pouvant atteindre près de dix millions de tonnes de minerai par an.
Cette montée en puissance s’inscrit dans un vaste programme d’investissements logistiques estimé à près de 252,6 milliards de FCFA. Ce financement couvre l’acquisition du matériel roulant, le renforcement des infrastructures ferroviaires ainsi que les équipements portuaires indispensables à l’exportation de la bauxite camerounaise. À cette dynamique s’ajoute le contrat signé entre CAMALCO SA et le constructeur indien Texmaco Rail & Engineering Limited portant sur l’acquisition de 560 wagons spécialisés pour le transport du minerai, assorti d’une option portant sur 1 040 unités supplémentaires. Une planification qui témoigne de l’ambition industrielle du projet et de sa vision à long terme.
Au-delà des performances logistiques attendues, les retombées économiques sont considérables. La mise en exploitation du gisement devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, aussi bien dans les activités minières que dans les secteurs du transport ferroviaire, de la maintenance industrielle, de la logistique, des travaux publics, des services et de la sous-traitance. Elle contribuera également à accroître les recettes d’exportation, à renforcer les infrastructures nationales et à améliorer l’attractivité du Cameroun auprès des investisseurs internationaux.
Cette avancée est aussi le fruit de la volonté affichée par le gouvernement de faire du secteur minier l’un des piliers de la transformation économique du pays. Sous la conduite du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, le département ministériel multiplie les actions destinées à accélérer la concrétisation des grands projets miniers structurants. Le suivi rapproché des investissements, la facilitation des procédures administratives et la coordination entre les différents partenaires publics et privés traduisent cette volonté de créer un environnement favorable à l’industrialisation du secteur extractif.
L’ambition gouvernementale est claire : transformer les immenses ressources du sous-sol camerounais en véritable levier de développement économique. Longtemps considéré comme un pays à fort potentiel minier mais faiblement exploitant, le Cameroun entend désormais valoriser ses richesses naturelles pour diversifier son économie, réduire sa dépendance aux exportations traditionnelles et créer davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Le projet de Minim-Martap constitue, à cet égard, l’un des symboles les plus emblématiques de cette nouvelle orientation. Avec des réserves parmi les plus importantes au monde, le gisement place le Cameroun sur la carte des futurs principaux producteurs de bauxite, minerai indispensable à la fabrication de l’aluminium et dont la demande mondiale continue de progresser.
Par Julien Efila

