Antone Bitting: « Objectif : 100 jeunes, dont 70 % de projets à fort impact »
Pour le Responsable du programme au sein de Cameroun Entreprises Développement, l’initiative mise sur un accompagnement ciblé pour transformer des idées en projets viables.
Quelles sont les motivations à l’origine de cette initiative ?
Alors, cette initiative a été motivée par un service de l’ambassade de France, qui a mené au préalable une étude dans les deux grandes villes de Yaoundé et Douala. Cette étude a montré qu’il y avait une forte mobilisation de jeunes qui n’arrivaient pas à trouver les moyens de s’insérer. Elle a ainsi abouti à l’idée que les jeunes sont créatifs et peuvent porter des projets, mais qu’ils ont besoin d’accompagnement et, surtout, de financement.
En quoi consiste ce projet ?
Le projet consiste à identifier et former les jeunes à travers un parcours qui s’étale sur un ou deux mois. À l’issue de ce parcours, les jeunes bénéficient d’un financement, comprenant un appui technique et un fonds de roulement. Par la suite, ils sont accompagnés pendant environ six mois afin de finaliser et viabiliser leurs projets. Ils sont également mis en relation avec des mentors qui les conseillent en matière d’organisation et de gestion de leurs activités.
Quels sont les jeunes éligibles ?
Il s’agit des jeunes âgés de 18 à 35 ans. Cette tranche correspond à la définition généralement admise au Cameroun. Le candidat éligible est celui qui a au minimum une idée d’activité, même si elle n’a pas encore été testée faute de moyens. Il doit aussi être dynamique et engagé, parfois rattaché à une association, une mairie partenaire ou inscrit dans la base de données du ministère de la Jeunesse.
Pourquoi uniquement Douala et Yaoundé ?
Principalement parce que l’étude a été réalisée dans ces deux villes. Elle a montré une forte croissance démographique des jeunes, avec de réelles difficultés d’insertion, notamment sur le plan économique. En milieu rural, les jeunes sont souvent occupés dans l’agriculture, mais en zone urbaine, la situation est différente.
Quel suivi pour les bénéficiaires ?
Les bénéficiaires sont notamment ceux inscrits dans la composante 1 du programme, formés aux métiers urbains (couture, esthétique, numérique, transport à moto, etc.). Ils s’inscrivent dans une dynamique d’accompagnement que nous assurons depuis longtemps. Nous espérons que l’impact de cette première édition permettra d’envisager une seconde.
Quelle est la particularité de ce programme ?
Sa spécificité réside dans le fait qu’il cible une tranche d’âge plus jeune. Contrairement à d’autres programmes comme l’AEF, qui s’adressent à des startups plus avancées, celui-ci se concentre sur des porteurs de projets en phase d’amorçage. L’objectif est de retenir 100 jeunes, dont environ 70 % de projets à fort impact, avec à la clé la création d’emplois.
Comment éviter un retour à l’informel ?
Notre approche repose sur un accompagnement durable, sur une période d’environ six mois, afin de consolider les pratiques entrepreneuriales. L’expérience montre qu’un financement sans suivi limite fortement les chances de réussite. L’accompagnement reste donc la clé de la pérennité des projets.
Propos recueillis par H. T.

