Albert Etoundi, président du Syndicat national des transitaires, transporteurs acconiers et consignataires: « Avec la dématérialisation, il n’y aura plus de faux frais ni de tracasseries »
Ce ne sont pas des pratiques voulues par les commissionnaires en douane, mais elles sont initiées par les différents opérateurs avec lesquels le commissionnaire est en contact, à savoir la douane, les forces de police, les FMO et les contrôles routiers. À côté des commissionnaires en douane agréés, il existe également les commissionnaires de transport, responsables de diriger la marchandise vers les pays de l’hinterland.
Au niveau des commissionnaires en douane, de nombreux problèmes persistent, notamment des travaux extra-légaux qui surgissent à chaque étape. Pour signer un document ou sortir une marchandise, il faut souvent payer ceci ou cela. Cela reflète aussi peut-être la volonté des commettants, car le commissionnaire ne paie jamais une tracasserie sans l’accord de l’importateur. Lui seul sait pourquoi il accepte de payer, peut-être pour gagner du temps.
La brochure réalisée en 2024 reflète ces situations, mais beaucoup de choses ont depuis été améliorées. La loi des finances de 2024 a, par exemple, autorisé que les déclarations d’importation soient faites uniquement par les commissionnaires en douane agréés, ce qui réduit l’attente avant la validation à la douane. Parallèlement, le processus de dématérialisation des procédures est en cours. La dématérialisation supprime le contact physique : le dossier est introduit à la douane et la sortie est automatiquement générée, ce qui permet d’obtenir le bon de sortie pour le camion vers le corridor. Une fois ce système pleinement opérationnel, les faux frais et tracasseries devraient disparaître.
Dans l’hinterland, si les contrôles routiers sont également dématérialisés, le fonctionnement pourrait être similaire à celui observé en Europe, où un transporteur présente simplement un ticket électronique pour qu’un camion passe. Les contrôles entre le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique sont nombreux, mais une digitalisation efficace devrait considérablement réduire les tracasseries. Les problèmes sont posés quotidiennement et traités par le Comité national de facilitation des échanges, piloté par le Premier ministère. Ce comité travaille à la mise en place d’un document unique de sortie des marchandises, permettant de payer en une seule fois et de libérer rapidement la marchandise.
Le processus est en cours. Certains incidents récents au port ont déjà été corrigés par les autorités. Les habitudes anciennes sont difficiles à changer, et il est impossible de supprimer d’un trait des pratiques enracinées par un simple décret. Il faut avancer progressivement, mais avec la mise en place de ces réformes et de la dématérialisation, l’objectif d’un transit fluide, transparent et efficace sur les corridors est atteignable à terme.

