Agro-avicole: 80 000 poules pondeuses, 75 000 œufs de table par jour

Le 8 juillet 2025, la ferme coopérative du Cameroun (FCC) à Bamendjou dans l’Ouest du Cameroun a été inaugurée pour l’élevage de 80 000 pondeuses, permettant une production journalière de 75 000 œufs afin de résoudre l’épineux problème de pénurie des œufs sur le marché.

La dynamique de modernisation du secteur avicole camerounais vient de franchir un cap décisif avec l’inauguration solennelle de deux (02) infrastructures agro-industrielles majeures dans la région de l’Ouest. Il s’agit de la ferme coopérative du Cameroun (FCC) à Bamendjou et de l’usine d’alvéoles de Bameka, deux projets privés à fort impact économique et social, portés par le médecin et entrepreneur camerounais Pascal Talla. Dotée d’une capacité d’élevage de 80 000 poules pondeuses, elle ambitionne de produire plus de 75 000 œufs de table par jour, soit près de 2,25 millions d’œufs par mois. Une telle performance productiviste permettra de répondre partiellement à la demande nationale en œufs, en constante augmentation, tout en réduisant les importations de produits avicoles dérivés. Pour soutenir la chaîne de valeur œuf, l’usine d’alvéoles de Bameka, inaugurée le même jour, a une capacité de production de 6 000 alvéoles d’œufs par heure.

Les alvéoles, fabriquées à base de papier recyclé, sont non seulement biodégradables, mais elles permettent également de réduire les pertes post-récolte dues aux casses fréquentes lors du transport. L’importance de cette usine réside dans sa contribution directe à l’amélioration de la conservation, du conditionnement et de la commercialisation des œufs. Elle permettra aussi à d’autres producteurs avicoles de s’approvisionner localement en emballages de qualité, évitant les importations souvent coûteuses. De même, sur le plan technique, la ferme s’est équipée d’infrastructures modernes répondant aux normes sanitaires et environnementales internationales. Soit des batteries automatisées, silos d’alimentation motorisés, systèmes de ventilation, contrôle de température et d’humidité, traitement des déjections organiques en engrais naturels. Le tout implanté sur un domaine sécurisé, aménagé et connecté à un réseau logistique permettant l’acheminement rapide des produits vers les marchés urbains de l’Ouest, du Centre et du Littoral.

Le coût global des deux projets est estimé à un peu plus de 6 milliards de FCFA. Environ 4,5 milliards de FCFA pour la ferme avicole de Bamendjou et 1,3 milliard de FCFA pour l’usine d’alvéoles. Dans un contexte où l’aviculture camerounaise est confrontée à des défis structurels majeurs comme l’insuffisance de financements, la faible structuration des producteurs et la vieillesse des infrastructures, les projets de Bamendjou et Bameka viennent poser les jalons d’une aviculture nouvelle, industrialisée, intégrée et orientée vers la productivité. Selon les données de la fédération interprofessionnelle de la filière avicole du Cameroun, la production nationale d’œufs ne couvre que 65 à 70 % des besoins estimés. Les régions du Centre, de l’Ouest et du Littoral concentrent plus de 80 % des exploitations, souvent de taille artisanale ou semi-moderne. Ce projet symbolise le résultat d’une mutualisation entre le secteur privé et les pouvoirs publics.

Charles Totchum

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