Affaire Smyrtos: Le Cameroun défend la crédibilité de son pavillon maritime
Mis en cause après l’interception du navire Smyrtos par les autorités britanniques, le Cameroun affirme dans un communiqué daté du 15 juin 2026, que le bâtiment ne relevait plus de son registre depuis fin mai.
Le Cameroun joue la carte de la clarification pour protéger l’image de son registre maritime. Dans un communiqué publié le 15 juin 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a affirmé que le navire Smyrtos, cité ces derniers jours par l’agence Reuters et plusieurs médias internationaux comme battant pavillon camerounais, ne disposait plus du droit de naviguer sous les couleurs du Cameroun au moment des faits rapportés. Selon les autorités, le bâtiment avait été radié du registre international camerounais le 26 mai 2026, soit plusieurs semaines avant son interception par les autorités britanniques. Une précision qui intervient alors que l’affaire suscite une attention particulière dans le secteur maritime international.
« Le navire Smyrtos ne bénéficiait plus du droit de battre pavillon camerounais et ne relevait plus de la juridiction maritime du Cameroun », souligne le ministre. Le gouvernement estime ainsi que les activités illicites attribuées au navire ne sauraient engager la responsabilité de l’État camerounais. Il indique avoir engagé depuis plusieurs semaines une vaste opération d’assainissement de son registre maritime. Ainsi, Yaoundé a procédé à la radiation d’office de 39 navires de son registre maritime dans le cadre d’une opération d’assainissement visant à lutter contre les usages frauduleux du pavillon camerounais. Pour le gouvernement, cette démarche vise notamment à identifier les navires ne respectant pas les règles en vigueur et à retirer ceux dont la situation administrative présente des irrégularités.
Le ministère rappelle d’ailleurs que la radiation du Smyrtos s’inscrivait dans cette campagne de nettoyage du registre. Le navire figurait sur les listes officielles de bâtiments radiés et dénoncés rendues publiques le 29 mai dernier par l’administration maritime camerounaise. Face à l’écho international pris par cette affaire, Yaoundé a décidé de porter le dossier au-delà de ses frontières. Les autorités indiquent avoir engagé des démarches auprès du gouvernement britannique, de la Maritime and Coastguard Agency ainsi qu’auprès de Reuters afin que la situation juridique réelle du navire soit prise en compte.
Il est question, d’après le Mintransports, d’éviter que des informations jugées inexactes n’affectent durablement l’image du registre maritime national. « La République du Cameroun coopère pleinement avec les partenaires internationaux » pour préserver « l’intégrité, la crédibilité et la conformité du registre maritime camerounais », insiste la note du Mintransports. D’après un expert des questions maritimes, au-delà du simple démenti, cette sortie officielle met en lumière un enjeu économique souvent méconnu : la valeur de la réputation d’un pavillon maritime. « Dans le transport maritime mondial, le pavillon d’un navire constitue bien plus qu’un simple signe d’identification. Il reflète également la qualité du contrôle exercé par l’État qui l’a immatriculé et conditionne la confiance accordée par les partenaires internationaux ».
Le cas du Smyrtos survient d’ailleurs dans un contexte déjà sensible. Quelques jours auparavant, le pétrolier Tagor avait lui aussi été présenté par des médias étrangers comme naviguant sous pavillon camerounais après son interception par la marine française. Là encore, Yaoundé avait formellement rejeté cette affiliation.
H.T

