Affaire Martinez Zogo: Le crime qui secoue le Cameroun

Alors que le procès entre dans sa phase cruciale, les tensions entre justice, politique et milieux d’affaires restent palpables dans l’assassinat du journaliste d’Amplitude FM.

Depuis la disparition tragique de Martinez Zogo en janvier 2023, le pays observe avec attention les débats du tribunal militaire de Yaoundé, où se joue l’avenir judiciaire d’un dossier emblématique. Mardi 25 novembre 2025, trois nouveaux témoins ont été entendus, dont Étienne Mbassi, déclarant de douanes proche des services de renseignements, et Van Chakra, caporal de l’armée camerounaise. Les deux hommes affirment avoir assuré la protection de Zogo, se sentant missionnés pour éviter que l’animateur ne soit piégé. « Les témoignages d’aujourd’hui viennent conforter que quelqu’un a été missionné pour appâter Martinez Zogo. Les pièces du puzzle se reconstruisent », explique Maître Calvin Job, avocat des ayants droit.

Toutefois, la défense conteste cette lecture. Me Jacques Bougny, avocat de Justin Danwe, souligne « un flou autour des différentes déclarations et beaucoup de contradictions », regrettant l’absence de clarté sur le déroulé exact des faits. Lundi, la veille, le témoignage d’Alain Ekassi, proche du journaliste, a orienté les soupçons vers un autre accusé que Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires présenté comme figure centrale du dossier.

La détention préventive d’Amougou Belinga cristallise également les tensions. Ses avocats contestent le refus du Tribunal militaire, confirmé par la Cour d’appel du Centre, de le voir comparaître libre. « Nos clients peuvent continuer leurs activités sous contrôle judiciaire. Les banques et entreprises subissent déjà d’importantes pertes », plaide Me Tchoungang. La défense invoque par ailleurs une décision antérieure de remise en liberté, contestée et jugée authentique par ses conseils.

Pour les magistrats, la gravité des faits : enlèvement, torture et assassinat, limite fortement les marges. L’accusé est soupçonné d’avoir incité des agents de la DGRE à infliger une « correction » à Martinez Zogo, qui dénonçait publiquement la corruption. Pour un acteur de la société civile, au-delà de la sphère pénale, l’affaire révèle un affrontement de pouvoir entre clans politiques et milieux d’affaires, où la détention devient un indicateur de forces en présence.

Le calendrier judiciaire reste désormais contraint : la Cour d’appel a renvoyé l’examen de la demande de remise en liberté au 18 décembre 2025, suspendant la reprise des audiences initialement prévues les 24 et 25 novembre. L’opinion publique attend toujours des réponses sur les circonstances exactes de l’enlèvement et de la mort de Martinez Zogo.

H.T

 

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