Affaire Bébé Mathis: Le parquet réclame la peine de mort
Le ministère public a requis le 10 décembre dernier, la peine capitale contre l’accusé principal, Dagobert Nwafo, alors que le procès se poursuivra en janvier 2026.
Le 10 décembre 2025, dans la salle d’audience de Yaoundé, le ministère public a requis la peine de mort contre Dagobert Nwafo, accusé d’avoir poignardé à mort le jeune Mathis, six ans, dans le quartier Ngoa-Ekélé en mai dernier. « Les éléments retenus constituent un meurtre avec préméditation », a souligné le procureur, invoquant l’article 374 du Code pénal et la « gravité exceptionnelle » des faits, rappelant que la justice devait protéger les enfants et répondre à l’indignation de la nation.
L’affaire, qui avait provoqué une vague d’émotion nationale, avait débuté par une dispute dans une buvette entre le père de Mathis et Nwafo, père de l’artiste Lydol. Selon des témoins, l’altercation a dégénéré : l’accusé a poignardé l’enfant à plusieurs reprises avant de tenter de fuir, rattrapé par des riverains et remis à la police. Malgré ses blessures, Mathis a cherché de l’aide avant de succomber.
Lors de l’audience, la défense de Dagobert Nwafo a invoqué un état d’ivresse et une amnésie partielle pour atténuer sa responsabilité. La cour a rejeté cette demande de plaidoyer de culpabilité, estimant que ces arguments ne suffisaient pas à diminuer la gravité du crime. « La loi ne peut tolérer que la provocation ou l’alcool soient des excuses pour ôter la vie d’un enfant », a affirmé le magistrat.
Les avocats des ayants droit, dont Me Valéry, ont exprimé leur soulagement mais restent vigilants, «d’autant que l’avocat a récemment été victime d’une agression à Douala. La famille bénéficie d’un accompagnement psychosocial annoncé par les autorités pour faire face à cette tragédie». Le procès, conformément à la procédure de non-culpabilité, est renvoyé au 14 janvier 2026 pour la reprise des débats.
D’ores et déjà, l’affaire Mathis ravive le débat sur la protection des enfants et la recrudescence de la violence dans certains quartiers de Yaoundé, tout en plaçant la société civile et les autorités face à une question cruciale : comment garantir la sécurité des plus vulnérables ?
H.T

