Adamaoua: 17 milliards pour moderniser les infrastructures
Réunis à Ngaoundéré les 13 et 14 février dernier, les conseillers régionaux ont voté un budget 2026 massivement orienté vers l’investissement dans l’éducation, la santé et les infrastructures routières.
17,3 milliards de F. C’est le montant du budget adopté pour l’exercice 2026 par le Conseil régional de l’Adamaoua au terme des travaux tenus les 13 et 14 février dernier à Ngaoundéré. En nette progression de 97,53 % par rapport aux 8,8 milliards de F de l’année précédente, cette enveloppe, promet l’exécutif régional, sera prioritairement orientée vers trois secteurs jugés stratégiques, notamment l’éducation, la santé et les routes.
Avec 7,9 milliards de F, le social arrive donc en tête des priorités. L’enveloppe vise d’abord à renforcer les capacités d’accueil et d’encadrement dans les établissements scolaires et sanitaires. Concrètement, le Conseil régional prévoit le recrutement d’enseignants vacataires pour combler le déficit en personnel dans plusieurs établissements secondaires et techniques de la région. Objectif : rendre opérationnelles des salles de classe parfois construites mais sous-exploitées faute d’enseignants.
Dans le domaine de la santé, le même principe s’applique. Des médecins vacataires et autres personnels soignants seront mobilisés pour animer des centres de santé intégrés et des formations sanitaires existantes, dont certaines fonctionnent en sous-régime. « Il ne sert à rien de construire des salles de classe ou des hôpitaux s’il n’y a personne pour y travailler », a martelé le président du Conseil régional, Aliou Issa. L’ambition est claire : améliorer l’accès effectif aux soins et à l’éducation, notamment dans les zones rurales et enclavées. L’enveloppe permettra également de soutenir l’équipement de certaines structures en matériel pédagogique et médico-technique, afin d’élever la qualité des services offerts aux populations.
L’autre axe majeur concerne les infrastructures routières. Un montant de 4,7 milliards de F est alloué à ce volet, avec en priorité la réhabilitation de 500 kilomètres de routes régionales. Ces travaux visent à désenclaver des bassins de production agricole, à faciliter la circulation des personnes et des biens, et à stimuler les échanges économiques à l’intérieur de la région et vers les régions voisines. Dans une zone à fort potentiel agropastoral, l’amélioration du réseau routier est perçue comme un préalable à toute dynamique de croissance.
Au-delà de l’éducation, de la santé et des routes, 350 millions de F sont prévus pour la culture, les sports et la promotion de la citoyenneté. Par ailleurs, 4,3 milliards de F seront consacrés à la gouvernance locale, notamment pour renforcer les capacités administratives et le pilotage des projets.
Pour financer ce programme ambitieux, le Conseil régional s’appuie sur une stratégie de mobilisation diversifiée. Les subventions d’équipement et d’investissement représentent 8,8 milliards de F. La fiscalité locale devrait générer 2,8 milliards de F. Les produits des prestations de services sont estimés à 2,3 milliards de F, tandis que 2,1 milliards de F proviendront des transferts de ressources sectorielles. Enfin, 1,1 milliard de F sera mobilisé à travers des emprunts contractés via les projets du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom).
Par J.E

