Accès à l’eau potable dans 10 villes: 1,2 million de Camerounais bientôt desservis

Porté par la CAMWATER et le groupe chinois CGCOC, le projet, dont la signature du protocole d’accord s’est tenue le 23 septembre dernier, prévoit la modernisation des anciens réseaux, la construction de nouvelles infrastructures et l’installation de 10 000 branchements sociaux dans six régions du pays.

Pour 1,2 million de personnes réparties dans 10 villes du Cameroun, l’eau potable cessera bientôt d’être un vœu pour devenir une réalité palpable. C’est la promesse que porte l’accord signé le 23 septembre dernier entre la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) et le groupe chinois CGCOC.

Réparti dans dix villes réparties sur six régions, cet accord stratégique est relatif à l’approvisionnement et au renforcement des systèmes d’approvisionnement en eau potable dans les localités suivantes de Kribi, Abong‑Mbang, Monatele, Ntui, Mbandjock, Guidiguis, Pitoa, Ngong, Ndokayo et Tignère. Il s’agit à la fois de moderniser les réseaux existants dans certaines villes et de déployer de nouvelles infrastructures dans d’autres, encore dépourvues de tout système d’adduction.

Porté par la présidence de la République, à en croire le communiqué de presse parvenu à notre rédaction, le projet est structuré en deux phases de 100 millions de dollars, pour un budget global de 200 millions de dollars. La première phase devrait cibler les travaux prioritaires dans les villes déjà partiellement couvertes, à savoir : Kribi, Mbandjock, Abong-Mbang, Monatele et Pitoa. Tandis que la seconde s’attaquera à l’installation complète de réseaux d’eau dans les villes de Guidiguis, Ngong, Ntui, Ndokayo et Tignère.

Pour la CAMWATER, cette opération vise à réduire les inégalités territoriales en matière d’accès à l’eau et à répondre à une demande croissante, exacerbée par la pression démographique et le vieillissement des infrastructures existantes. Et le directeur général de l’entreprise, Blaise Moussa, mise sur la capacité technique de CGCOC pour garantir une exécution rapide des travaux et conforme aux standards internationaux. « Nous avons choisi un partenaire reconnu pour son efficacité dans les projets d’infrastructure à l’échelle continentale », a-t-il affirmé lors de la cérémonie de signature à Yaoundé.

Au-delà de l’approvisionnement, le projet se distingue aussi par son dispositif d’inclusion sociale. Il prévoit l’installation de 10 000 branchements sociaux afin de permettre à des ménages à faibles revenus de se connecter immédiatement aux nouveaux réseaux, sans frais prohibitifs. Cette mesure répond à un impératif d’équité dans l’accès aux services publics, particulièrement en milieu périurbain.

Les villes concernées par ce projet affichent des profils contrastés, mais partagent un même défi qui est celui de l’accès irrégulier, insuffisant, voire inexistant à l’eau potable. À Ngong ou Tignère, l’absence de réseau oblige encore les populations à recourir aux sources non sécurisées. À Kribi ou Monatele, les équipements vétustes ne permettent plus de répondre à la demande.

Le projet s’inscrit dans la trajectoire nationale de mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 6, qui vise un accès universel à l’eau potable d’ici 2030. Pour le gouvernement, il s’agit aussi de renforcer la résilience des infrastructures de base, dans un contexte de dérèglement climatique où les ressources hydriques deviennent plus imprévisibles.

Les prochaines étapes incluent les études techniques détaillées, le bouclage financier des deux phases, et le démarrage effectif des travaux dans les semaines à venir. CAMWATER invite par conséquent les mairies concernées à s’impliquer activement dans le suivi des chantiers, afin d’assurer une appropriation locale et une gestion durable des installations.

Par Julien Efila

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