Abattoir industriel de Maroua: Paul Biya autorise un financement de 10,5 milliards de FCFA

Par un décret signé du 04 mai 2026, le Chef de l’État a habilité le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire Alamine Ousmane Mey à parapher les accords de prêt avec la Deutsche Bank Espagne pour la construction d’un abattoir industriel à Maroua.

C’est un acte administratif qui pèse lourd tant sur la balance financière que sur l’échiquier du développement régional. Le président de la République Paul Biya, a par décret, habilité le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire Alamine Ousmane Mey, à parapher les accords de prêt avec la Deutsche Bank Espagne. L’enveloppe globale qui s’élève à environ 10,47 milliards de FCFA, se fragmente en deux leviers financiers distincts, mais complémentaires. D’une part, un crédit acheteur de 15 398 434,96 euros soit environs 10,101 milliards de FCFA, est destiné à l’acquisition des équipements techniques et au savoir-faire technologique. D’autre part, un crédit commercial de 569 498,93 euros soit environ 373,567 millions de FCFA, est quant à lui destiné à la soutenance des besoins opérationnels immédiats du projet.

Le choix de Maroua pour abriter cette infrastructure n’est pas fortuit. Le « Grand-Nord » camerounais en général et plus particulièrement la région de l’Extrême-Nord, constitue le véritable réservoir de bétail du pays et de la sous-région. Jusqu’à présent, cette richesse bovine était largement exploitée de manière artisanale, avec des circuits d’abattage rudimentaires qui limitaient la valeur ajoutée locale. Avec l’implantation d’un abattoir industriel moderne au cœur de la zone de production septentrionale vise à inverser la tendance. En transformant le bétail sur place, le Cameroun ne vendra plus seulement des « têtes de bœuf », mais de la viande conditionnée, respectant les standards internationaux. C’est une application concrète de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030(SND30), qui prône l’import-substitution et l’industrialisation agropastorale.

Une révolution technologie et retombées économique attendues

Le futur abattoir industriel de Maroua ne sera pas qu’un simple bâtiment, mais il s’agit là d’un complexe technologique conçu pour répondre aux exigences sanitaires les plus strictes. Selon les experts du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), l’infrastructure intégrera une chaîne d’abattage automatisée susceptible de réduire les pertes et garantissant une découpe précise du bétail, une chaîne de froid performante, élément crucial dans une région où les températures dépassent régulièrement les 40°C et où la conservation est le tendon d’Achille de la filière viande au Cameroun. À cela s’ajoute un système de traitement des déchets permettant de transformer les sous-produits (peaux, cornes, sang etc.) en engrais ou en intrants, créant ainsi une économie circulaire locale. En effet, l’impact socio- économique de ce projet se fera sentir à plusieurs niveaux avec d’abord la création d’emplois direct notamment les techniciens de maintenance, bouchers industriels, logisticiens, vétérinaires, tout comme de milliers d’emplois indirects sont également attendus.

Ensuite, il y a la conquête des marchés extérieurs, puisqu’étant située aux portes du Nigéria, la plus grande économie d’Afrique et à proximité du Tchad, la ville de Maroua devient de ce fait un point de sortie stratégique pour la viande « Made in Cameroon ». Avec une certification industrielle, la viande camerounaise pourra légitimement viser les rayons des supermarchés de la sous-région CEMAC et au-delà.  Pour conclure, ce décret présidentiel est un signal fort envoyé aux partenaires internationaux. En obtenant un financement de près de 10,5 milliards de FCFA auprès d’une institution européenne de premier plan comme la Deutsche Bank, pour la construction d’un abattoir industriel à Maroua, le Cameroun démontre que les fonds mobilisés sont un pari sur l’avenir d’un pays qui vise à transformer ses ressources naturelles sur son sol pour nourrir sa population et conquérir les marchés internationaux.

Par Arnaud Joseph Etoundi

 

 

 

 

 

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