8 mars: Les prix du pagne flambent
Malgré la flambée des prix dénoncée par la députée Nourane Foster, l’étoffe s’arrache comme des bouts de pain.
C’est au pas de course dans les ateliers de couture. La célébration de la journée internationale des droits des femmes se rapproche de plus en plus. La pression monte d’un cran. Nadège, la quarantaine bien sonnée, couturière de profession, a presque perdu le sommeil. « Je suis sous pression. J’ai même les cernes parce que je ne dors pas suffisamment. Je dois confectionner 150 tenues à livrer mercredi et jeudi. La journée de vendredi sera consacrée à des retouches des tenues. Donc je serais vraiment tiré d’affaire le samedi. Passé cette journée, je prendrais une semaine pour me reposer suffisamment, avant de me rassoir à nouveau sur la machine à coudre », confie-t-elle. Pour cette maman célibataire, coudre et vendre les uniformes du 8 mars sont des occasions à saisir. Car à en croire cette dernière, l’argent récolté lui permet de terminer la scolarité de ses enfants. « Je n’ai pas de choix. Je dois maximiser les efforts afin d’écouler le stock », explique-t-elle.
Dans les marchés de Douala, l’étoffe s’arrache malgré la hausse vertigineuse des prix. Au marché de Chato Nyalla, dans le 3ème arrondissement, les prix des tenus déjà confectionnés donnent le tournis. Les prix oscillent entre 10000 et 15000 FCFA en fonction du modèle. « Les tenues sont coûteuses tout simplement parce qu’au lendemain de la célébration de la fête, les prix vont chuter au triple. Donc une tenue vendue maintenant à 10000 FCFA coûtera après la journée du 8 mars à 3000 FCFA, voire 2000 FCFA. Parce que c’est un pagne qui n’est valable que le 8 mars. Voilà la raison pour laquelle on augmente les prix », explique Amandine, commerçante. Pour des commerçantes, c’est le moment de faire de bonnes affaires.
Spéculation
Alors que la boutique Cicam était en rupture de stock, des vendeurs ambulants et commerçants indépendants ont saisi l’occasion pour imposer des prix exorbitants. Le pagne, normalement vendu à 10000 FCFA, se retrouve proposé à 20000 FCFA, soit le double de son tarif habituel. La député Nourane Foster a décrié cette situation, tout en traitant les comportements des vendeurs d’irresponsables. Sur sa page Meta, « j’ai envoyé mon assistante hier pour acheter les pagnes du 8 mars, mais face à la rupture de stock signalée par la Cicam, certains vendeurs ont proposé les pagnes à des prix excessifs, atteignant 20000 FCFA, soit le double du prix habituel. Je tiens à dénoncer fermement cette pratique et encourager les acteurs du marché à adopter des comportements responsables », a-t-elle écrit.
En 2026, le pagne est bien plus qu’un simple vêtement pour les femmes camerounaises. Il est un véritable catalyseur économique, qui dynamise l’économie informelle et redonne vie aux ateliers de couture. Les machines à coudre tournent à plein régime, les journées de travail s’allongent et les artisans couturiers retrouvent le sourire. Dans la capitale économique, l’approche du 8 mars est synonyme de travail intense. Chaque année le pagne du 8 mars est au centre des débats au Cameroun. A quelques jours de la célébration de la journée internationale des droits de femmes, les prix s’envolent sur le marché noir. Cette situation est régulièrement déplorée par les autorités compétentes, qui dénoncent la spéculation et les pratiques abusives des commerçants.
Par Diane Kenfack

