60e Fête de la Jeunesse: Paul Biya promet plus de responsabilités aux jeunes
Lors de son traditionnel discours à la jeunesse le 10 février 2026, le président de la République réélu pour un 8e mandat, a annoncé une ouverture accrue des hautes fonctions publiques à la jeunesse et détaillé un plan renforcé pour l’emploi et l’entrepreneuriat.
À l’occasion de la 60e édition de la Fête de la Jeunesse, célébrée ce 11 février 2026 sous le thème « Jeunesse au cœur des grandes espérances, pour un Cameroun uni, stable et prospère », le président de la République, Paul Biya, a placé la barre plus haut : davantage de jeunes seront appelés à exercer des responsabilités majeures dans la gestion des affaires publiques.
S’exprimant le 10 février depuis Yaoundé, quelques mois après sa réélection, le chef de l’État a affirmé vouloir « veiller à ce qu’un plus grand nombre » de jeunes, « hommes comme femmes », se voient « progressivement confier des responsabilités élevées ». Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par l’attente d’un remaniement gouvernemental, le renouvellement annoncé des dirigeants de sociétés d’État et la perspective des prochaines échéances législatives et municipales.
« Il n’y a pas de petit métier »
D’emblée, le président a reconnu les doutes d’une partie de la jeunesse, confrontée au chômage et aux incertitudes. « Je sais que certains d’entre vous se sentent désemparés », a-t-il admis, les exhortant toutefois à ne pas céder au découragement ni aux « aventures périlleuses ». Selon lui, la persévérance demeure « le secret de la réussite ». Cependant, l’ouverture politique promise ne vient pas seule. Elle s’inscrit dans un ensemble de mesures présentées comme prioritaires pour ce nouveau septennat. Paul Biya a rappelé que l’insertion professionnelle des jeunes constitue « l’un des principaux chantiers » de son mandat. À cet effet, un Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes a été annoncé, avec des exemptions fiscales pour les entreprises recrutant des diplômés, une enveloppe de 50 milliards de FCFA dédiée à l’entrepreneuriat et un appui renforcé au Fonds national de l’emploi.
Par ailleurs, le chef de l’État mise sur la formation et l’esprit d’initiative. Les recrutements publics, a-t-il reconnu, ne sauraient absorber à eux seuls la demande. C’est pourquoi il entend encourager la création d’activités, saluant les jeunes actifs dans l’agriculture, la construction, les services ou le numérique. « Il n’y a pas de petit métier », a-t-il insisté, rendant également hommage aux forces de défense et aux travailleurs du secteur informel. Néanmoins, cette main tendue s’accompagne d’un rappel ferme aux devoirs. Le président de la République a appelé la jeunesse à « tourner le dos aux excès », citant la délinquance, la drogue ou l’usage abusif des réseaux sociaux. Il a aussi interpellé parents et éducateurs, tout en annonçant des instructions pour mieux protéger les jeunes filles contre les abus.
Au-delà des annonces, le message se veut politique : consolider la stabilité tout en préparant la relève. « L’avenir de notre cher et beau pays repose entre vos mains », a-t-il lancé. En promettant une place accrue aux jeunes dans les cercles de décision, le président semble vouloir répondre à une aspiration croissante : participer pleinement à la conduite des affaires publiques, et non plus seulement à leur mise en œuvre. Reste désormais à observer comment ces engagements se traduiront dans les nominations et les réformes à venir. Pour l’heure, à 60 ans de sa fête dédiée, la jeunesse camerounaise reçoit un signal clair : elle est appelée à compter davantage dans la marche du pays.
Hélène Tientcheu

