Littoral: 33 motos pour porter les vaccins là où les routes s’arrêtent

Entre pistes dégradées, villages isolés et longues distances à parcourir, les équipes sanitaires sont régulièrement confrontées à des obstacles logistiques qui limitent leur capacité d’intervention. Pour répondre à cette réalité, la Délégation régionale de la Santé publique du Littoral a procédé, le 15 juin à Bonanjo, des engins destinés aux formations sanitaires jugés prioritaires.

La cérémonie, présidée par le délégué régional de la Santé publique, Charles Yopndoï, marque une nouvelle étape dans le renforcement des stratégies avancées de vaccination. Ces engins, acquis grâce à l’appui de Gavi dans le cadre du partenariat qui le lie au Cameroun, ont vocation à rapprocher davantage les services de santé des populations vivant dans les zones difficiles d’accès. Alignées sur l’esplanade de la Délégation régionale, les 33 motos Yamaha AG 200 symbolisent bien plus qu’un simple don matériel. Elles représentent un moyen concret de réduire les inégalités d’accès aux soins et de renforcer la présence des équipes sanitaires sur le terrain. Leur déploiement est prévu dans plusieurs districts de santé confrontés à des contraintes géographiques importantes.

Pour Charles Yopndoï, cette dotation répond à une préoccupation régulièrement exprimée par les responsables des formations sanitaires. « Les motos permettront aux personnels de santé d’atteindre plus rapidement les communautés éloignées afin d’y mener des campagnes de vaccination, des activités de sensibilisation ou encore des consultations de proximité », dit-il. Le responsable régional a également salué l’engagement du ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, ainsi que le soutien constant de Gavi et des partenaires techniques mobilisés dans le secteur. Dans une région où certaines localités restent difficiles à desservir, les enjeux dépassent largement la seule vaccination.

Les motos permettront aussi d’améliorer le suivi des femmes enceintes, des nourrissons et des personnes vulnérables vivant loin des infrastructures sanitaires. Elles contribueront également à renforcer la surveillance épidémiologique et la mise en œuvre de diverses interventions communautaires. Le coordonnateur régional du Programme élargi de vaccination (PEV), Léonard Éwanè, voit dans cette initiative un levier important pour accroître les performances des districts de santé. Selon lui, les nouveaux moyens roulants offriront davantage de mobilité aux équipes de terrain et permettront d’intensifier les activités dans les zones jusque-là insuffisamment couvertes. L’objectif final reste l’amélioration durable de la couverture vaccinale dans l’ensemble de la région.

Du côté des bénéficiaires, l’enthousiasme est palpable. Un infirmier du district de santé de Nkondjock évoque déjà les nombreuses possibilités qu’offre cette dotation. Dans certaines aires de santé, explique-t-il, plusieurs villages demeurent éloignés des centres médicaux. Les motos faciliteront l’accès aux femmes enceintes qui peinent à effectuer leurs consultations prénatales et aux enfants n’ayant pas encore reçu l’ensemble des vaccins recommandés. La cérémonie a également été l’occasion de rappeler les exigences liées à la gestion du patrimoine public. Charles Yopndoï a insisté sur la nécessité d’une utilisation rigoureuse des motos, invitant les bénéficiaires à assurer un entretien régulier afin de garantir leur durabilité.

Pour les autorités sanitaires, l’efficacité de cette opération dépendra autant de la qualité des équipements que de la responsabilité de ceux qui les utiliseront. Présentant les caractéristiques techniques des engins, Justin Zakaryaou, point focal motos à la Délégation régionale de la Santé publique du Littoral, a souligné leur robustesse et leur adaptation aux terrains difficiles.

Diane Kenfack

 

 

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