Nécrologie : Biyiti Bi Essam, l’ex-ambassadeur du Cameroun en Israël et ministre, est mort
L’ancien membre du gouvernement s’est éteint dans la nuit du 22 au 23 avril 2026 en Israël à l’âge de 76 ans.
Jean Pierre Biyiti Bi Essam n’est plus. L’ancien ambassadeur du Cameroun en Israël et ex-membre du gouvernement s’est éteint dans la nuit du 22 au 23 avril 2026 en Israël à l’âge de 76 ans. Journaliste de formation, stratège de la communication gouvernementale et architecte de la transition numérique du Cameroun. Il laisse derrière lui l’image d’un commis de l’État d’une fidélité aux institutions. Le landerneau politique et médiatique camerounais est en deuil.la nouvelle parvenue aux premières heures de la matinée du jeudi 23 avril 2026, a suscité une vive émotion dans les chancelleries et les rédactions de Yaoundé. Jean-Pierre Biyiti Bi Essam n’est plus. Celui qui occupait encore il y a quelques semaines, le poste d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun en Israël, a rendu son dernier souffle en terre hébraïque, là où il servait les intérêts de son pays depuis 2018.
Né en juillet 1949, dans le département de la Mvila région du Sud, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam était avant tout, un homme de lettres et du verbe. Issu de la deuxième promotion de la prestigieuse École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé (ESIJY, devenue ESSTIC), il a incarné cette génération de journalistes pétris de rigueur classique. Sa carrière débute sous les meilleurs auspices à Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics, où sa plume élégante et son analyse fine lui permettent de gravir rapidement les échelons. Son passage à la direction de l’Information de la CRTV en 1990, reste gravé dans les mémoires comme celui d’un technicien rigoureux, capable de gérer la communication de crise dans un contexte de transition démocratique bouillonnante. Cette maitrise de l’outil médiatique lui ouvrira naturellement les portes de la haute administration.
L’architecte de la Communication et du numérique
Entré au gouvernement en 2007 comme ministre de la Communication, il s’est illustré par sa capacité à porter la voix de l’État avec une la pondération rare. Mais c’est sans doute au ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), entre 2009 et 2015, qu’il marquera le plus durablement l’économie nationale. C’est sous son magistère que le Cameroun a véritablement amorcé son virage numérique, puisqu’il a été la cheville ouvrière du déploiement de la fibre optique et de l’atterrissement des câbles sous-marins (WACS, ACE), des infrastructures critiques qui soutiennent aujourd’hui l’économie numérique du pays. Pour ses collaborateurs de l’époque, il était un travailleur silencieux, privilégiant les résultats techniques aux effets de manche politique.
En mai 2018, le président de la République Paul Biya lui confie une mission délicate, celle de représenter le Cameroun en Israël. À Tel-Aviv, il a œuvré pendant huit ans à densifier la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture et de la santé. Bien qu’il ait été remplacé à ce poste par le décret présidentiel de février 2026, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam se trouvait toujours en Israël pour finaliser ses dossiers de départ lorsque le destin en a décidé autrement le 23 avril 2026.
Outre ses fonctions officielles, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam était un intellectuel respecté. Auteur de plusieurs ouvrages, dont l’essai remarqué « Le journalisme de l’interprétation », il n’avait jamais rompu le cordon ombilical avec sa profession d’origine. Il laisse le souvenir d’un homme de culture, d’un diplomate discret et d’un bâtisseur dont l’œuvre technologique continue de connecter les Camerounais entre eux. Le Cameroun pleure un fils qui aura, jusqu’à son dernier souffle, porté haut les couleurs du drapeau national loin de sa terre natale.
Arnaud Joseph Etoundi

